Arago : Un nouvel éco-quartier au Sud Ouest de Bordeaux

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Le quartier Chataigneraie-Arago, situé à proximité du centre ville de Pessac au Sud-Ouest de Bordeaux, est enclavé entre la rocade et la voie ferrée. Le quartier est inscrit dans la géographie prioritaire du contrat urbain de cohésion sociale (CUCS) de Pessac.
Domofrance gère l’ensemble du parc locatif social de ce quartier soit environ 1400 logements répartis en 3 secteurs : Chataigneraie-Arago-Antoune.

Le projet est composé de 628 logements locatifs, répartis en 14 bâtiments, un centre commercial de 15 commerces, un centre médical, et la construction d’une antenne Domofrance.

Afin de développer une offre résidentielle qui apporte une plus grande mixité environ 108 logements seront construits dans une première tranche dont 28 logements en accession à la propriété : maisons individuelles et petits collectifs. Cette première tranche de constructions neuves est lancée début 2012 et confère au lieu la densité attendue d’un centre de quartier. Une résidence sociale pour jeunes travailleurs de 30 T1 est également programmée.

L’architecte urbaniste mandataire Richard Vianne-Lazare s’est attaché à repérer les atouts et les faiblesses du quartier pour les mettre en lien avec les usages et les souhaits des habitants.

Il a voulu bousculer le plan de composition du quartier actuel. Le dynamisme de la vie de quartier passe par un nouveau plan de composition qui privilégie les espaces publics et par la recomposition de son territoire. Un axe fédérateur, la méridienne verte est créée, elle devient l’épine dorsale du quartier. Elle le traverse du Nord au Sud, relie les secteurs entre eux et offre, ainsi, aux habitants le grand espace vert naturel qui fait défaut.

Crédits images © Eisa Metzeler

Cet axe, comme une promenade plantée, constitue la respiration du quartier. La méridienne est confortée par plusieurs jardins thématiques. L’architecte et son équipe de paysagistes ont souhaité mettre en adéquation les bâtiments et leur environnement proche. Les jardins de façades sont la contextualisation du renouveau architecturale des bâtiments, ils les prolongent selon des thèmes diversifiés.

Historique du projet

En Octobre 2006, Domofrance acquiert la résidence ARAGO sur la commune de Pessac, située sur la Communauté Urbaine de Bordeaux. Dés lors, la ville de Pessac et Domofrance engage une réflexion générale sur le devenir à long terme du quartier Arago-Chataigneraie. La ville et Domofrance souhaitent redonner une cohérence à l’ensemble tout en privilégiant une transformation durable du quartier. La réhabilitation qualitative des résidences en adoptant les principes d’un écoquartier, se constitue par plus d’ouverture vers la ville, une approche paysagère diversifiée et une nouvelle offre résidentielle.

L’orientation générale vise à recomposer l’ensemble de la résidence en introduisant de la mixité sociale par la diversification de l’offre, tout en maintenant la vocation d’habitat social du quartier Arago-Chataigneraie.

Les études préalables de bilan carbone ont fixé les priorités, appliquer une véritable révolution thermique en Aquitaine, logements BBC grâce à des fonds du FEDER. Minimiser les démolitions, toute construction neuve ayant un fort impact sur le volume des émissions et profiter du réseau de chaleur existant. A l’issu du concours (2010) une équipe sera retenue et sera en charge de la réalisation du projet. Lauréat de la consultation, les cabinets d’architecture Richard Vianne-Lazare (mandataire) et Debarre/Duplantiers vont concevoir un quartier durable, attractif et dynamique dans lequel s’inscrivent des résidences rénovées et de nouvelles constructions dans une démarche d’écoquartier.

Crédits photos © Richard Vianne-Lazare et Arthur Péquin

Crédits images © Eisa Metzeler

L’impératif de mixité

Le désenclavement du quartier et son intégration à la ville de Pessac passent par un renouvellement social maîtrisé. L’approche environnementale s’accompagne d’une préoccupation sociale affirmée, avec le maintien en place d’une population âgée.

L’intervention vise à passer d’un produit désuet à un quartier urbain avenant et vivant et cela sans traumatisme pour les habitants. Les enjeux principaux du quartier sont tous autant urbains, fonciers, paysagers et passent dans le traitement architectural du bâti.

Crédits images © Eisa Metzeler

Cela se traduit par le mélange des activités sociales et commerciales mais aussi en accueillant de nouvelles Catégories Sociaux Professionnelles d’habitants (accédant à la propriété, étudiants, jeunes travailleurs) et ainsi, de mieux répondre aux attentes de la population actuelle.

Crédits photos © Richard Vianne-Lazare et Arthur Péquin

Un quartier innovant et respectueux de l’environnement

La réhabilitation des bâtiments mise sur l’amélioration générale des logements et des façades, tant sur le plan esthétique que sur le plan des performances énergétiques.

La qualité de vie du lieu est améliorée en lui donnant une véritable centralité et en créant un lieu emblématique. On réalise une véritable métamorphose du quartier.
Un nouveau rapport à la nature, la nature comme quelque chose qui ne s’oppose pas au quartier mais qui va le régénérer en réorganisant, hiérarchisant et aménageant les espaces extérieurs pour créer des lieux identifiables et d’aménité.

Crédits photos © Richard Vianne-Lazare et Arthur Péquin

L’idée est de se servir de ce qui pourrait apparaître comme des contraintes comme étant des avantages et de faire en sorte que les qualités et les difficultés des lieux deviennent des ressources pour construire des logements plus inventifs en revalorisant l’attrait du bâti existant.

Ainsi on introduit de la diversité typologique et de la variété architecturale en créant des logements neufs thermiquement très performant (BBC), on améliore l’insertion des logements existants dans leur environnement et le confort des habitants par leur réhabilitation.
Vivre dans un éco-quartier, s’est en accepter la philosophie, on trie ses déchets, on circule à pied ou en vélo, on ne gène pas ses voisins, on économise l’eau.
Ainsi, un éco-quartier doit veiller à la gestion des déchets, pour cela un dispositif de collecte d’ordures ménagères et tri sélectif est implanté à moins de 50 mètres de chaque entrée.

Dans un éco-quartier la végétation est importante et améliore le cadre de vie de ses habitants dont l’espace privé est parfois un peu serré. L’espace public est conçu comme un grand espace naturel sur lequel est créée une réelle diversité.

Crédits images © Eisa Metzeler

Les éléments clés du projet

L’idée est de faire avec l’existant et d’offrir un confort supplémentaire et de construire ensemble une autre manière de faire la ville et remettre les gens au cœur du logement. En réhabilitant les logements tout en maintenant sur site les habitants, l’architecte permet aux habitants de devenir les acteurs de cette métamorphose en respectant le « déjà-là » et la personne.

Le point de départ est de percevoir l’existant comme une plage blanche, une page sur laquelle on peut écrire une nouvelle histoire pour ARAGO.
Le bâti est d’abord dépouillé de tout élément superflu, de ses balcons, de sa plinthe couleur saumon, de sa casquette minuscule. Isolé par l’extérieur et enduit de blanc, cette robe blanche et notre page blanche.

Crédits photos © Richard Vianne-Lazare et Arthur Péquin

Les diverses réhabilitations misent sur le réaménagement complet des abords et l’ajout de bacons ou de loggias en façade : ils améliorent l’aspect des bâtiments et favorisent une isolation thermique performante.

Le projet propose de nouvelles qualités par adjonction d’espaces extérieurs privatifs, des plugs-ins variés, des éléments autoportants, loggias, plateformes ou bow-windows.
Ils optimisent les dimensions, la lumière, les vues et le confort des appartements. Ils offrent ainsi la possibilité, comme dans une maison, de vivre à l’extérieur tout en étant chez soi.

Crédits photos © Richard Vianne-Lazare et Arthur Péquin

Ils permettent également d’adapter le bâti au contexte changeant, ainsi la vue, l’orientation, le bruit, l’intimité, sont les critères de variation de ces plugs-ins. Et, permettent, ainsi, de rendre identifiable chaque bâtiment. Cette manipulation d’éléments rapportés confère à l’ensemble une véritable diversité. De par sa structure indépendante de celle du bâti, cela a permis une plus large liberté de conception et d’implantation.

Financement
– le FEDER/FSE : 2 M€
– l’Etat : 665 000€
– L’ANRU : 40 000 €
– Le Conseil Régional : 1,9 M€
– Le Conseil Général : 24 000 M€
– La CUB : 3,7 M€
– Ville de Pessac : 1,8 M€
– DOMOFRANCE : 80,3 M€ dont 62 M€ d’emprunts auprès de la Caisse des Dépôts et Consignations

Calendrier
MAI – JUIN 2011 : démarrage des travaux de réhabilitation
NOVEMBRE 2011 : démolition du premier bâtiment
JANVIER 2012 : démarrage des travaux de construction
FEVRIER 2014: achèvement des travaux de réhabilitation sur les bâtiments
NOVEMBRE 2014 : achèvement de la construction de l’antenne Domofrance et du foyer
JUIN 2015 : achèvement des aménagements des espaces extérieurs
JANVIER 2016 : achèvement des travaux de construction

Le projet ARAGO , réalisé par l’agence Revel’archi, a été récompensé à la suite du Concours d’Architecture Bas Carbonne 2011 d’EDF, pour la mixité des ses logements, ses normes environnementales et son aspect novateur.

Revel’archi, Richard Vianne-Lazare : Architecte, Urbaniste Mandataire
Debarre Duplantier : Architectes et Paysagistes associés
Ingerop – BET : Généraliste et VRD
Ecoten : Economiste et OPC

 

 

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