Après Londres, Stockholm et Sydney, la ville italienne de Milan vient de mettre en place depuis hier matin un système de péage urbain pour entrer dans son centre-ville. Ce nouveau dispositif mis en place par la municipalité de gauche pour réduire le trafic et la pollution coutera 5 euros à chaque automobiliste qui voudra accéder au centre de Milan.
Pourquoi un péage urbain ?
La mairie de Milan espère une diminution du trafic de 20 à 30% dans le centre, soit près de 30.000 voitures en moins (seules les voitures hybrides ou électriques sont autorisées) afin de réduire la concentration de particules fines dans l’air, qui dépasse régulièrement le seuil autorisé par la loi. Les revenus tirés de ce péage seront investis dans le développement des transports en commun milanais. Car on sait pertinemment que cette mesure n’est efficace que si l’offre de transports publics est satisfaisante et surtout à un tarif compétitif.
Selon les premières données disponibles hier matin, le trafic, qui a connu une augmentation de 10% avant l’entrée en vigueur du péage à 07H30, a ensuite chuté d’environ 40%.
Le projet plus en détails
Baptisé « Area C », ce péage urbain, inspiré du modèle londonien, est une première en Italie et remplace un précédent système baptisé « Ecopass », en vigueur depuis 2008, mais qui ne touchait que les véhicules les plus polluants, soit environ 10% des voitures entrant dans le centre.
Le nouveau système impose à tous les automobilistes, sauf ceux ayant des voitures électriques ou hybrides, le paiement d’un ticket d’entrée de 5 euros pour pouvoir circuler dans le centre de la capitale économique italienne, du lundi au vendredi de 07H30 à 19H30.
Mais de nombreux résidents du centre-ville sont évidemment opposés à ce nouveau système même si la mairie leur a accordé 40 entrées gratuites et un tarif préférentiel de 2 euros ensuite.
Des oppositions qui se font déjà sentir
Soutenus par l’opposition de droite, ils multiplient les initiatives pour protester contre ce dispositif car ils jugent qu’il est dans leur « droit de rentrer à la maison comme et quand ils le veulent sans avoir à payer une taxe et sans contrôler leur montre », souligne leur comité de défense « Residenti no charge ».
Et en France ?
En France, le Grenelle de l’environnement avait évoqué l’instauration d’un tel système pour la Ville de Paris. Deux ans plus tard, en 2009, cette mesure était incluse par le Sénat dans la loi Grenelle II sous la forme d’expérimentations dans les villes de plus de 300 000 habitants. Pour l’instant, aucune expérience de ce type n’a été lancée, les collectivités comme Paris, Bordeaux, Lyon ou encore Marseille étant pour l’instant trop frileuses pour mettre en place un système aussi drastique dans leur centre-ville.











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