Ricardo Bofill : son oeuvre menacée par le maire de Noisy-le-Grand

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L’imposant et emblématique projet urbain de Noisy-le-Grand, les « espaces d’Abraxas » conçu par l’architecte Ricardo Bofill est menacé de destruction pour cause d’insécurité par le Maire.

Ce projet de démolition qui remonte à une étude d’insécurité de 2006, à ressurgi lors de la réunion publique du lundi 25 février, relative à l’aménagement du quartier voisin de « Maille Horizon-Nord ».

Pour les 600 résidents, cette initiative est d’autant plus incompréhensible que le quartier a une âme et une parfaite mixité sociale. Les appartements sont extrêmement confortables avec des superficies très avantageuses (3 pièces : 87 m²) que l’on ne retrouve plus dans les constructions actuelles. De plus, certains logements offrent une vue panoramique qui peut s’étendre jusqu’à la tour Eiffel (source : Blog de Noisy-le-Grand.

Ricardo Boffil, lui même, en tant que détenteur des droits intellectuels, ainsi qu’un regroupement d’architectes urbanistes s’opposent eux aussi à cette démolition.

Le maire insiste sur le fait que « cet endroit est devenu le principal point d’insécurité dans la ville. Le commissaire me demande d’installer de la vidéosurveillance. Autant démolir plutôt que mettre encore des caméras sur des constructions de toute façon difficiles à surveiller dans leur architecture même, avec toutes ces coursives », a lâché l’édile avant de tempérer : « Démolir reviendrait très cher. Et je ne suis pas sûr de trouver l’argent tout de suite. »
L’ensemble monumental, qui comprend deux tiers de logements sociaux gérés par deux bailleurs et un tiers de logements privés, serait difficile à détruire.

Présentation du projet de Noisy-le-Grand :
LE THÉÂTRE, l’Arc et le Palacio de la place des Fédérés à Noisy-le-Grand, construits entre 1978 et 1983 forment une réalisation colossale qui concentre près de 600 logements.
A proximité du centre commercial des Arcades et de l’autoroute A 4, ces véritables monuments d’inspiration néoclassique surprennent par leur ampleur et ont déjà un petit air de vestige d’un autre siècle.
L’ensemble est quelque peu angoissant, des part le jeu d’échelle très élaboré : le mur extérieur en demi-cercle ainsi que les marches rappellent les arènes antiques et leurs gradins.
Parvenir à édifier ce type d’architecture tout en respectant les faibles coûts de construction
du logement social relevait du défi. Mais comme son confrère Manolo Nunez-Yanowsky, à l’origine
des « camemberts » de Noisy, les Arènes de Picasso, Ricardo Bofill a eu recours au préfabriqué
et au béton « architectonique ».

L’architecte donne un interview pour Le Moniteur ici  : au programme, retour sur les 50 ans de carrière de Ricardo Bofill, des années 1960 où il crée son atelier d’architecture à Barcelone à aujourd’hui, où toujours actif, il construit dans le monde entier. Il nous rappelle les fondamentaux méditerranéens de son architecture mais avoue changer facilement d’écriture, au gré des programmes et des pays. Il confie son goût pour la grande échelle et pour le dessin de morceaux de ville. Il revient sur son expérience française dans les années 1970 et 1980 -notamment dans les villes nouvelles et à Montpellier- et admet n’avoir pas réussi à transplanter l’architecture de la ville classique dans la modernité.

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5 Comments

  1. françois-s braun said:

    et aloors? ricardo lui-même avoue son échec dans ce mode d’expression. garder un échantillon de son travail, ok, pas celui-là puisqu’il est difficilement vivable. mieux vaut se préoccuper de ses oeuvres de jeunesse, magnifiques, à barcelone.

  2. Gui said:

    Mr Braun , comment pouvez vous affirmer que cette résidence est difficilement vivable. Vous en êtes un habitant? J’en doute , par contre je me doute que la démolition de ce bâtiment entrainerai un appel d’offre pour réaliser un nouvel ouvrage au-quel je pense vous vous empresserai de répondre. Moi même habitant du Palacio , je peux vous affirmer qu’il fait bon vivre dans cette résidence , que les appartement sont très spacieux et que nous jouissons d’une vue des plus agréable de Noisy le Grand.De plus je rajouterai que de nombreuses résidences cubique n’ont aucune âme au contraire du Palacio qui dominant l’Est parisien est une fierté pour ses habitants. Maintenant si le Palacio est soit disant invivable ce ne sont que les dires du Maire , afin de faire croire que la destruction est inéluctable. Pour finir disons qu’en pleine crise du logement en détruire 600 avec ses 1750 habitants serait une faute humaine.

  3. ADIHPA said:

    Bonjour, nous sommes l’Association de Défense des Intérêts des Habitants du Palacio d’Abraxas (ADIHPA). Nous nous sommes regroupés afin de mettre en valeur nos bâtiments. Là où certains y voient insécurité, ghetto, béton…, nous y voyons nous une vraie mixité de population dans un cadre unique et une réelle prise en compte par l’architecte Ricardo Bofill du fait que logement social ne rime pas forcément avec conditions de vie désagréables.
    Nous sommes à la recherche d’architectes ou d’étudiants en architecture qui pourraient travailler gratuitement à des propositions de mise en valeur des Espaces d’Abraxas qui pourraient contribuer à insérer au mieux nos bâtiments dans les projets en cours sur le quartier.
    Merci de nous contacter à l’adresse suivante: adihpa93160@gmail.com
    Bien cordialement  

  4. duc said:

    Ayant habité à côté, je connais cet immeuble.Depuis sa construction, son aspect d’arène aux micro-fenêtres où sont enfermés des centaines de gens m’a toujours profondément choquée.Le projet de le raser est donc pour moi une excellente nouvelle!!!!!
    Rassembler des populations « pauvres » dans un concept architectural en rondeur est une erreur car la bulle peut se transformer en grenade…
    En conséquence, pour parer à ce risque, je souhaite que les projets de logement social aient des allures d’étoiles (les branches favorisent l’ouverture) plutôt que la rondeur d’une bombe…humaine…

  5. Albane Ruiz-Campagne said:

    Bonjour,

    Je souhaite visiter les espaces d’Abranax (Palacio d’Abranax) oú le film Brasil, entre autre, a été en partie tourné. Mais je ne connais pas la station de RER à laquelle il faut que je descende pour celà. Pouvez-vous me l’indiquer, s’il-vous-plais ? merci d’avance.

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