L’Essonne ou le Val-de-Marne ? Finalement, la Fédération française de rugby (FFR) réunie en congrès à La Baule (Loire-Atlantique) a mis fin au suspense vendredi dernier : Ris-Orangis – Evry (Essonne) a été préféré à Thiais-Orly (Val-de-Marne) pour la construction de son futur Grand Stade de 82.000 places. L’originalité du projet ? Une passerelle unique en son genre qui serait un emblème.
Ris-Orangis-Evry (Essonne) ou Thiais-Orly (Val-de-Marne) ? Finalement, le projet de Grand Stade voulu par la Fédération française de rugby (FFR) est entré dans sa phase concrète. Le suspense est terminé. Vendredi 29 juin, à l’issue de son comité exécutif, à La Baule, la FFR a désigné Ris-Orangis – Evry (Essonne) pour accueillir, à l’horizon 2017-2018 l’enceinte de 82.000 places ultramoderne (toit rétractable, pelouse amovible). Les gagnants étaient attendus ce samedi 30 juin à La Baule pour présenter les détails de leur projet aux instances dirigeantes du rugby français.
Pour résumer, tout opposait ces deux candidatures. D’un côté, l’option urbaine, représentée par Thiais-Orly, avec un site de 15 hectares implanté dans un tissu économique déjà établi (Orly ; marché de Rungis ; centre commercial Belle-Épine) et d’importants moyens de transport (aéroport, gare TGV, lignes de métro et de RER, autoroutes A6 et A86). Par ailleurs, c’est l’un des premiers dossiers à avoir été déposé en novembre 2010, et une intense et efficace campagne de communication avait martelé ses avantages depuis…
De l’autre, un choix baptisé « jardin du rugby » plus «champêtre» avec Évry qui met à disposition 133 hectares, une friche industrielle, l’ancienne usine Lu de Danone et l’ancien hippodrome de Ris-Orangis où tout est à bâtir. France Galop et une filiale d’Axa, ses propriétaires, sont prêts à céder le champ de course, inopérant depuis 1996.
Un site où tout est à faire
De nombreux projets de tourisme et de loisirs (hôtellerie, restauration, centre de remise en forme, cinéma, accrobranche…), de commerces et un « pôle d’excellence et d’innovation dans l’économie du sport » (laboratoires de recherche, fabrication d’équipements sportifs, commerces…) sont aussi envisagés autour du stade.
Côté transport, l’accès se ferait par la route, via l’autoroute A6 et la Francilienne (rocade extérieure de Paris), et le train avec notamment la gare RER d’Orangis Bois de l’Epine, à moins d’un kilomètre. Le futur Tram-Train-Massy-Evry, dont la mise en service est prévue pour 2017, relierait directement le site au réseau existant dans les environs (autres gares du RER C et D, gare TGV de Massy). Deux gares TGV sont également en projet aux alentours (Lieusaint et Orly).
Plus tard dans l’année, précisément en décembre 2012, la FFR choisira l’architecte, réunira le budget de 600 M € et, fin 20013, trancher pour de bon : construire ou pas ? Telle est la nouvelle problématique.
C’est effectivement le 9 décembre dernier, que la FFR a retenu trois dossiers pour le projet architectural concernant la conception, la réalisation et la fabrication du futur grand stade de rugby. Trois noms notoires, habitués à mener à bien ce type de projet : Arte Charpentier-HKS a construit le Cowboy Stadium de Dallas (États-Unis), arène ultramoderne de 70.000 places où évoluent les célèbres footballeurs américains texans. Second candidat, Foster and Partners-CR Architecture est l’auteur du nouveau Wembley (Angleterre), 90.000 spectateurs, et du Stade de France à Saint-Denis (80.000 spectateurs). Enfin, le troisième groupement, Populous-Ateliers 2/3/4, a conçu le Millennium de Cardiff (Pays de Galles) , l’une des références européennes en matière de stade modulaire (74.000 places).
Les prochaines étapes ?
Le processus est loin d’être terminé. Les trois cabinets d’architectes encore en lice vont rester en concurrence jusqu’en décembre 2012, puis un seul d’entre eux sera retenu par le Comité directeur de la FFR.
Un appel à candidature pour les entreprises qui effectueront les travaux sera ensuite lancé. L’étude de faisabilité financière sera bouclée entre juin et décembre 2013. Le coût du projet est à ce jour estimé à 600 millions d’euros pour la construction du stade FFR (200 M€ de fonds propres, 400 M€ d’emprunt). Les infrastructures routières secondaires sont évaluées par la Communauté d’agglomération Evry-Centre Essonne à hauteur de 120 M €.
Pour rappel, la volonté affichée par la FFR d’avoir son propre stade a longtemps été perçue comme un moyen de faire pression sur le Stade de France. « La convention avec le consortium de l’enceinte dionysienne, signée en 1995, se termine en 2013 et est très contraignante pour la Fédération, puisque les coûts d’organisation d’un match à Saint-Denis s’élèvent à 5 millions d’euros », nous précise la FFR. Le président, Pierre Camou, a déjà estimé le manque à gagner à 160 millions d’euros en quinze ans alors que le rugby français rêve d’une «cash machine» similaire à celle que les Anglais ont bâtie avec Twickenham à Londres. Un match au Stade de France génère 2 M € de bénéfices contre 6 M € pour une rencontre dans le «Temple» londonien.
Un projet loin d’être transformé ?
En revanche, le choix de la ville ne signifie pas que le projet sera transformé. Demeure la grande question du financement, entièrement sur fonds privés et estimé à 600 millions d’euros. La FFR devrait apporter entre 150 et 200 millions d’euros en fonds propre. En complément d’une opération de «naming», le reste sera levé grâce à différents mécanismes financiers. Il n’est pas sûr, en cette conjoncture fragile, que les banques se laissent convaincre, même si ce qui serait la plus grande enceinte de France a aussi pour vocation d’accueillir concerts et spectacles.
Autre obstacle, le ministère des Sports ne considère pas ce projet d’un bon œil. Que va devenir le Stade de France (SDF), occupé une dizaine de dates par an par l’ovalie? «S’il y a deux stades, les deux crèveront», avait alerté Philippe Auroy, directeur général du SDF, ces jours-ci dans la presse. Et puis l’Ile-de-France, jusque-là en manque d’infrastructures, va-t-elle frôler la saturation avec le Parc des Princes (qui va être rénové), l’Arena 92 du Racing-Métro à Nanterre, le nouveau Jean-Bouin, et le stade Charléty ?
Autre question, les décideurs du rugby ont-t-ils eu les yeux plus gros que le ventre? 700.000 € ayant déjà été dépensés en études de faisabilité, reculer maintenant s’apparenterait à inscrire un essai cette fois-ci contre son camp…
Source : Batiactu










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