Rapport américain en faveur de l’étalement urbain

01/02/2011 Développement durable, Grenelle de l'environnement, Vidéos , , , , , , , , , , , ,

Selon un rapport américain, les villes doivent « s’étaler dans l’espace ». La Banque mondiale a appelé jeudi 27 janvier les villes à ne pas se limiter dans l’espace, en soutenant un rapport qui prône des « limites généreuses » afin de se préparer à leur croissance démographique, plutôt que la densité et l’instauration de « ceintures vertes ». « L’endiguement n’est pas adapté pour les pays en voie d’urbanisation rapide ». C’est pourtant le contraire que soutient le ministère de l’Ecologie, du developpement durable, des transports et du logement : on voit apparaître en des outils visant à lutter contre l’ (Agenda 21, Schéma de Cohérence Territoriale,…).

Article issu du Nouvel observateur à propos du rapport américain :

L’organisation d’aide au développement a indiqué dans un communiqué qu’elle partageait les conclusions d’un rapport du Lincoln Institute of Land Policy, un institut de recherche américain sur l’aménagement du territoire. « Le modèle urbanistique dominant qui guide aujourd’hui l’expansion des villes et des aires métropolitaines est basé sur l’endiguement de l’, mais cet endiguement n’est pas adapté pour les pays en voie d’urbanisation rapide où se situe la plupart de la croissance démographique », explique cet institut.

Photographie de Los Angeles vue d’avionLos angeles banlieue Rapport américain en faveur de létalement urbain

La Banque mondiale préconise de « faire de la place dans une planète de villes ». « Ce qui est nécessaire, c’est non pas une stratégie de confinement et de restriction, mais de limites généreuses aux métropoles, de protection sélective des espaces ouverts, et une bonne planification des transports et des routes », a commenté la responsable de l’Unité pour le développement , Abha Joshi-Ghani.

Le rapport explique que les « ceintures vertes » censées marquer une limite à l’urbanisation finissent trop souvent par être piétinées, et risqueraient d’engorger les villes des pays en développement, pour la plupart déjà saturées. « Les densités de population dans les pays en développement sont le double de celles de l’Europe et du Japon, elles-même le double de celles des Etats-Unis, du Canada et de l’Australie », a rappelé la Banque.
Mais partout, ces densités baissent. Si les tendances actuelles se poursuivent « la population urbaine mondiale devrait doubler en 43 ans, mais le terrain qu’elle couvre en seulement 19 ans », a-t-elle prévenu.

Source : nouvelobs.com

Vidéo d’un atterrissage de nuit à LA :

ET EN ??

En France, le ministère en charge de l’aménagement du territoire juge nécessaire de mettre en place des politiques visant à contraindre l’étalement. Il convient de réaliser un inventaire des mesures existantes susceptibles d’encourager l’étalement urbain. L’effet du prêt à taux zéro, qui finance essentiellement la construction de maisons individuelles localisées dans les secteurs périurbains, a notamment été discuté.

Les principaux outils actuellement disponibles visent à prendre en compte les territoires dans leur globalité tels que :

Les agendas 21, qui permettent aux collectivités locales de faire reconnaître leurs stratégies d’aménagement comme durables notamment en termes de gestion économe de l’espace, ainsi que les conventions des maires ;
Les documents d’ (notamment les SCOT (schémas de cohérence territoriale) et les PLU (plans locaux d’urbanisme), qui contiennent des dispositions visant à limiter l’étalement urbain et à prôner une densité minimale de construction. L’évaluation environnementale des documents d’ permet de retenir les projets les plus probants pour enrayer l’étalement urbain en anticipant les effets pervers que des politiques de zonage peuvent induire (report d’urbanisation).

Le Grenelle II de l’environnement devrait contenir des mesures permettant d’aller au-delà de ce qui est réalisé actuellement en termes de protection des zones naturelles : objectifs chiffrés en termes d’élaboration de nouveaux et d’agendas 21, mise en place d’une trame verte et bleue permet de réinstaurer une continuité des écosystèmes…Le plan national ville durable lancé en 2009 va également dans le sens d’une maîtrise de l’étalement urbain, notamment par la prise en compte du traitement de cette question, et de son corollaire en termes de densité, dans l’octroi des labels « éco-cité » et « éco-quartier ».

Une tour « vivante » : un modèle pour le futur ? Concept de mixité totale entre agriculture, commerces, bureaux et habitat pas SoA architectes.

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La ville est le  lieu favorisant les échanges et les interactions entre les individus, et partant, le progrès, la culture, le développement. La ville est également, par construction, orientée vers l’économie de surface et de moyens ; elle peut donc, au contraire, participer de l’effort de protection de l’environnement naturel. En conséquence, le sujet, au fond, n’est pas d’être pour ou contre la ville, l’urbanisation, l’artificialisation des espaces. Les déterminants de la demande s’imposant aux aménageurs (population et nombre de ménages croissants, croissance économique…), il s’agit en réalité de déterminer quelles sont les formes urbaines les plus efficaces et les plus souhaitables pour répondre à cette demande, et partant, quels rythmes d’artificialisation et d’étalement urbain peuvent être acceptés.

L’étalement urbain est une forme de croissance urbaine mais il ne doit pas être confondu avec celle-ci : la croissance urbaine peut se réaliser sans nécessairement augmenter la surface de l’aire urbaine, par redensification du tissu urbain existant. C’est le renouvellement, ou la reconstruction, de la ville sur elle-même. Le renouvellement urbain permet de limiter les besoins en croissance extra-muros de la ville et donc son étalement. Il s’agit, soit de reconstruire des quartiers anciens, souvent vétustes, en en augmentant la densité, soit de créer de nouvelles constructions « dans les dents creuses », c’est-à-dire dans les espaces interstitiels restés non construits à l’intérieur des villes. Certains détracteurs de l’étalement urbain peuvent considérer l’expansion urbaine comme acceptable, car nécessaire pour faire face à l’accroissement de la population urbaine.

En réalité, le véritable sujet est plutôt de définir un rythme de consommation de l’espace au regard de l’objectif de , dont une des définitions les plus communément admises est, rappelons-le, celle d’un mode de développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs (rapport Brundtland, 1987). En effet, la population s’accroissant, et affluant encore vers les zones urbaines, il est difficilement envisageable de figer le périmètre des villes à leur emprise actuelle. Enfin, il faut rappeler qu’un peu plus de la moitié des nouveaux espaces urbanisés en une année est consacré aux activités économiques et aux équipements publics. L’étalement urbain n’est donc pas la résultante des seuls facteurs démographiques et de la demande concernant l’habitat, les implantations commerciales en particulier jouant un rôle important.

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Quelles nuisances peuvent être imputées à l’étalement urbain et à l’artificialisation des sols qu’il engendre? Le constat de ces nuisances est relativement bien partagé au sein des chercheurs, bien que certains n’hésitent pas à dénoncer « l’obsession de la densité » qui sévirait dans les milieux autorisés et à souligner que l’étalement, tel qu’on le connaît aujourd’hui, peut aussi présenter des aspects positifs qu’il conviendrait d’intégrer aux analyses coûts/bénéfices des différentes formes urbaines. Que vaudrait en monnaie sonnante et trébuchante, pour un habitant, la faculté de faire son jogging matinal dans le bois proche de sa maison ? Les réflexions sur l’aménagement durable des zones urbaines guident déjà de façon appréciable la main des aménageurs.

dessin humouristique etalement urbain Rapport américain en faveur de létalement urbain

Les problèmes que pose l’étalement urbain et l’artificialisation des sols qui l’accompagne listés par le ministère :

1. L’étalement urbain augmente indirectement la contribution des villes au réchauffement climatique.
Par exemple, 51% des ménages périurbains ont deux voitures ou plus contre 20% des ménages de centre-ville (source ENTD)
2. L’artificialisation des sols a un impact direct sur l’environnement
Par exemple, l’urbanisation et les extensions de voirie qui l’accompagnent altèrent à l’évidence les sites naturels et le paysage.
3. L’étalement contribue à la disparition des zones agricoles périurbaines.
Par exemple, les territoires agricoles représentent 80% des terres artificialisées entre 1992 et 2004 (source Agreste, Teruti)
4. L’étalement urbain renforcerait les phénomènes de division sociale
La ségrégation est un des moteurs-mêmes de l’étalement et, en même temps, l’étalement, qui s’explique par d’autres facteurs que la ségrégation, permet sa mise en place. De surcroît, l’étalement ne jouerait pas nécessairement dans un sens uniquement négatif puisqu’il « atténue la pression foncière et permet d’affaiblir la force des mécanismes d’exclusion par les prix. ». (Guillaume Pouyanne, Etalement urbain et ségrégation socio-spatiale, une revue de la littérature, 2006)
5. L’étalement des villes augmenterait le coût des infrastructures nécessaires au développement et à l’entretien d’une nouvelle zone urbanisée
Il est avancé que les zones peu denses augmenteraient le coût de fonctionnement des services urbains (coûts de mise en place et d’entretien des réseaux d’approvisionnement en eau et en électricité, coûts de collecte des déchets etc.). En réalité, ce point est contesté car il dépend beaucoup du cas étudié (situation de départ, robustesse des réseaux modernes par rapport aux réseaux plus anciens etc.)

Lire plus sir le site du ministère ici.

Voir l’article sur les solutions envisagées par les urbanistes pour lutter contre le réchauffement climatique et autres nouveaux enjeux ici

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1 commentaire sur Rapport américain en faveur de l’étalement urbain

  1. Quelles solutions urbanistiques face à l'étalement urbain et le réchauffement climatique

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