Il y a encore cinq ans, d’innombrables grues de chantier hantaient le ciel d’Espagne. Sur des kilomètres s’étendaient des lotissements en construction, d’immenses terrains viabilisés équipés en tout et pour tout de l’éclairage public…
Au sein de l’Union européenne, près d’un projet immobilier sur trois était lancé en Espagne. Un programme d’urbanisation suivait l’autre sur ces terrains plats, situés à la périphérie des villes.
Sur environ un tiers des côtes méditerranéennes, le taux d’urbanisation était devenu aussi élevé qu’à Madrid. Le but, c’était de construire une Floride européenne, un Miami Beach qui s’étendrait sur toute la longueur de ce littoral. Mais entre-temps, plusieurs milliers de programmes neufs ont capoté.
Les promoteurs ont dû renoncer à des bénéfices juteux, et les acheteurs à une résidence principale ou secondaire au bord de la mer.
On construisait pour les touristes, pour les Espagnols aisés ou non, et pour les ressortissants du nord de l’Europe qui souhaitaient passer une retraite au soleil. D’après les statistiques officielles, 800 000 logements seraient inoccupés sur la péninsule ibérique, certains avancent même le chiffre de 2 millions. Ces bâtiments vides sont le symbole de la « ruine » dans les deux sens du terme.
L’architecte et photographe Julia Schulz-Dornburg est originaire de Düsseldorf et vit à Barcelone. Elle a immortalisé ces deux dernières années quelques centaines de « real estate developements ».
Il y a quelques semaines, l’éditeur barcelonais Àmbit a publié son livre « Ruinas Modernas. Una topografía de lucro », disponible uniquement en espagnol. Le terme « lucro » signifie à la fois « enrichissement » et « cupidité ».
Julia Schulz-Dornburg photographie des allées qui débouchent sur le néant, des lignes de fuite au centre desquelles des lampadaires désormais inutiles sont plantés de travers, des enfilades de bâtiments en construction, à l’abandon, semblables à des squelettes de sauriens.
Auteur : Hilka Sinning
Source : Arte








En France, on manque de logement pour les populations pauvres venues d’Afrique entre autres…La solution pour eux est peut être là!!!!!!
Que ces villes- fantôme, plutôt que d’avoir pour avenir, que de mourir aux 4 vents puissent servir une cause HUMANITAIRE noble!!!!