Le palais de justice de Nantes, désaffecté, a trouvé une nouvelle vie en tant qu’hôtel de luxe. La transformation spectaculaire, réalisée par les agences d’architecture DTACC et Nuel, a été menée par Axa Real Estate et Altarea Cogedim.
Epoustouflante transformation que celle du palais de justice de Nantes ! Délaissée au profit d’un bâtiment plus récent, la construction retrouve aujourd’hui une nouvelle jeunesse en devenant le premier hôtel quatre étoiles de la ville. Entre les mains expertes des architectes des agences DTACC et Nuel, le lieu, autrefois clos et austère, s’est ouvert sur la ville.
« L’histoire de ce bâtiment est longue et s’inscrit dans celle de Nantes », explique Philippe Grovalet, président du Conseil général de Loire-Atlantique. Abandonné par le ministère de la Justice en 2000, le palais datant du XIXème atterrit dans les mains du département, qui hésite quant à sa destination. « Nous avons mandaté plusieurs équipes ayant des projets très différents, pour décider de l’usage du bâtiment », se souvient Philippe Grovalet.
Le projet d’hôtel de l’opérateur immobilier Altarea Cogedim, soutenu par Axa Real Estate, tape dans l’œil des décisionnaires – d’autant plus que Nantes ne proposait pas d’hôtel quatre étoiles. Le Conseil général concède donc un bail à construction de 80 ans à Axa Real Estate, qui inclut une obligation de restaurer l’immeuble. « Le patrimoine ne doit pas être sanctuarisé, il est vivant et évolue avec le temps »,, soutient Philippe Grovalet.
C’est justement à désacraliser le lieu que les architectes ont travaillé. De par son rôle, le palais de justice était un bâtiment imposant, presque effrayant. « Nous avons voulu en faire un lieu ouvert sur la ville, et sur un nouveau quartier en pleine mutation* », raconte Christian de Gournay, président du directoire Cogedim. Le palais, vieux de 150 ans, change alors radicalement de style.
La salle des pas perdus :
La façade austère, le manque de lumière, les courettes étroites et l’âge du bâtiment sont autant d’obstacles à la métamorphose du palais de justice. Mais l’agence d’architecture DTACC s’est spécialisée dans ces transformations spectaculaires : « Ce qui pourrait sembler être des difficultés sont en fait une simple problématique », souligne l’architecte Jacques Cholet. La façade est modifiée, pour apporter plus de lumière dans le cœur du bâtiment. La structure a été renforcée au dessus des colonnes intérieures, mais l’agencement a été conservé.
Mettre l’histoire en valeur
Car le bâtiment renferme surtout des pièces exceptionnelles et une histoire qui mérite d’être mise en valeur. « Quand on a des lieux aussi magiques que la salle des pas perdus ou la cour d’assises, on se doit d’en faire le cœur de l’hôtel », ajoute Jacques Cholet. Après avoir longtemps concentré les inquiétudes des accusés, la salle des pas perdus est devenue un lumineux et accueillant lobby, avec une décoration imaginée par Jean-Philippe Nuel. Le grand escalier extérieur qui y menait n’est plus l’entrée principale. Une autre ouverture a été créée, au niveau de la rue, donc à celui de la ville.
La cour d’assises, quant à elle, n’est plus un lieu clos et solennel, mais un restaurant moderne et coloré. Le plafond incrusté a été conservé et rénové, tandis que les boiseries ont été peintes en blanc. L’on note toujours quelques indices qui rappellent le passé du bâtiment, comme les symboles de justice. « L’idée n’était pas d’effacer l’histoire, mais de la mettre en valeur, au contraire », insiste Jacques Cholet.
* Le quartier de la place Aristide Briand à Nantes va en effet subir des travaux. L’ancienne caserne de gendarmerie Lafayette doit être transformée en un complexe, le Carré Lafayette, incluant logements haut-de-gamme, logements sociaux, boutiques de luxe, bureaux et centre de balnéothérapie. La prison désaffectée, qui jouxte le palais de justice, attend quant à elle un acheteur.
Source : Batiactu












Quand on voit ce qu’il est posible de faire avec beaucoup de créativité, d’argent et en espérant beaucoup de profitabilité, on est en droit de se poser des questions quand on compare ces vues de projet avec le bunker noir du « vrai » palais de justice sur l’Ile de Nantes….