Une ville fantôme dénommée Kilamba vient d’être construite à quelques dizaines de kilomètres de la capitale angolaise Luanda. Cette ville organisée selon un plan orthogonal bien étudié ne finit pas de faire parler d’elle, et pour cause, elle ne trouve pas preneur alors qu’elle est dotée de toutes les infrastructures et équipements nécessaires. Retour sur les causes d’un échec programmé.
Cette drôle de ville qui vient de pousser en Angola est déserte, aucun appartement ou presque n’est habité. Des immeubles se succèdent à perte de vue, mais aussi des commerces, des stades, des hôpitaux et des écoles dans des couleurs diverses et chaleureuses. Les constructions sont toutes très biens alignées, vue du ciel le panorama rappellerait presque le jeu vidéo le plus célèbre des années 90’s – 2000 : Sim City.
La ville a la capacité d’accueillir 500 000 personnes, seulement pour l’instant la ville n’est occupée que par deux ou trois milliers d’habitants. Au total, sur 2 800 appartements à la vente, 220 d’entre eux ont trouvé un acquéreur.
Pendant le chantier, un site encore quasiment vierge
Et pour cause : les appartements sont bien trop chers pour la population locale. Derrière ce projet extravagant et disproportionné se cache un accord financier entre l’Angola et une compagnie chinoise. Les deux parties ont conclu un marché sur la base de la construction d’une ville en échange de concessions pétrolières. Seulement, il semblerait que le pacte ait tourné à l’avantage de la compagnie chinoise.
Comment expliquer un tel flop sur le plan immobilier ? Selon les dirigeants du pays, en Angola la classe moyenne n’existe pas et que personne n’a les moyens de s’offrir ce type de logement avec de telles prestations.
La ville vue du ciel












On peut pas dire qu’il est forcé sur l’innovation architecturale ou les formes urbaines…une copie des grands ensembles. En Afrique? surprenant. Au delà de la question économique, centrale c’est clair, ce projet m’inspire des questions d’ordre plus socio : des espaces publics dénués d’équipements, qui ne font que remplir des espaces vides entre de hauts immeubles tous homogènes aussi colorés soit-ils….? Où est l’adaptation au contexte, aux mœurs, à la culture? où est la place de l’habitant (là, c’est le cas de le dire!)?
Mais bien sur, il y a certaine situation d’urgence : où s’inquiéter de l’architecture et des formes urbaines parait un peu déplacé face à des besoins de survie. Un flop qui laisse sûrement beaucoup de personnes dans le besoin (quand d’autres se frottent les mains). C’est le plus déplorable dans cette affaire.
Non seulement les Angolais ne peuvent pas se payer les appartements mais en plus ils ne verront jamais la couleur de l’argent que les Chinois auraient dû payer pour les concessions pétrolifères! Une façon de ne pas créer un énorme gâchis serait de transformer tous « ces beaux logements » en logements sociaux pour qu’il y ait finalement une redistribution des revenus du pétrole au peuple africain! Mais vue la connerie mise en oeuvre dans ce projet, ces préoccupations semblent être à des années lumières des dirigeants de l’Angola et des impérialistes chinois… Mais bon on peut toujours espérer!