La ligne à grande vitesse LGV PACA est un projet visant à prolonger la ligne à grande vitesse reliant Paris à Marseille en 3 heures jusqu’à Nice. Cette nouvelle ligne permettra de désenclaver la desserte en train dans la Région Provence Alpes et Côte d’Azur. Les acteurs à l’origine du projet et de son financement sont l’Etat, le Conseil régional Provence-Alpes-Côte d´Azur, le Conseil général des Bouches-du-Rhône, le Conseil général du Var, le Conseil général des Alpes-Maritimes, la Communauté Urbaine Nice Côte d’Azur, Toulon Provence Métropole, la Communauté urbaine Marseille Provence Métropole, la Communauté du Pays d’Aix, la Principauté de Monaco, SNCF et RFF.
Ci dessous la carte du réseau TGV en France selon RFF.
Les étapes du projet: de la concertation à la finalisation
- 2003 à 2005: études préparatoires du projet. Mise en place du dossier de débat public élaboré par la RFF qui présente 20 tracés compris dans 3 grandes familles de scénarios (soit un axe unique Marseille-Toulon-Nice; soit deux axes entre Marseille et Toulon; soit trois axes différents). Durant cette période, une démarche de consultation entre les acteurs du projet a été lancée, elle a permis une meilleure collaboration entre les cofinanceurs ainsi qu’une diffusion de l’information auprès du grand public.
- 2006 à 2008: études complémentaires menées par la RFF sur une sélection de 14 tracés. Les études ont porté sur les thèmes suivants: investissement, temps de parcours, capacité, environnement, trafics, gares, financement.
- 2008: à l’issue des études des 14 tracés, uniquement 2 études sont sorties du lot. La première solution sélectionnée a été la LGV Côte d’Azur Sud-Arbois qui dessert Nice par Aix en Provence TGV sans passer par Marseille ni Toulon. La deuxième solution a été le tracé des métropoles du Sud-Toulon Est qui dessert les villes de Marseille, Toulon et Nice en suivant au plus près le littoral méditerranéen.
- 29 juin 2009: après de nombreuses polémiques et des reports sur le choix du tracé, c’est le scénario des métropoles du Sud (carte ci dessous) qui a été retenu par Jean Louis Borloo. La ligne à grande vitesse passera donc par Marseille et Toulon.
Les chiffres du tracé des métropoles du sud
- Rails LGV à construire: 180 kilomètres
- Coût du projet: 11,5 milliards d’euros
- Meilleur temps de parcours entre Paris et Nice: 3h50 (contre 5h30 à l’heure actuelle)
- Les métropoles traversées: Marseille, Toulon et Nice
- Mise en service de la ligne: entre 2025 et 2030
Les objectifs du projet
Aujourd’hui, le réseau de voies ferrées européen est largement déséquilibré, c’est pourquoi le gouvernement français en accord avec RFF a conclu un projet visant à réaffirmer la place centrale de la région PACA dans le bassin méditerranéen. Si l’on s’en réfère à des études, la vitesse moyenne d’un train sur l’axe Barcelone-Gênes est de 60 km/h. Ce chiffre semble scandaleux quand on connait la rapidité du réseau SNCF à destination de Paris. La construction d’une nouvelle ligne à grande vitesse est donc apparue inévitable dans une région dotée de 10 millions d’habitants où la voiture domine de loin tout les autres modes de déplacement.
Le choix du tracé métropoles du Sud est avant tout un choix économique qui répond aux exigences des grandes figures politiques de la droite régionale tels : Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille, Hubert Falco, maire de Toulon et secrétaire d’État à l’aménagement du territoire et Christian Estrosi, maire de Nice. Les villes de Marseille et Toulon ont clamé tout au long du choix des tracés, leur volonté d’être impliqué dans le projet au détriment d’autres grandes villes comme Aix en Provence.
Les avantages du tracé Sud
Le principal avantage de ce tracé est surtout le passage dans le centre ville des grandes métropoles citées précédemment. Les trains desserviront donc les zones les plus peuplées, là où la demande en transport est la plus forte. De plus, le positionnement des villes comme Marseille ou Toulon parait plus pertinent quand on se place à l’échelle européenne, on peut imaginer un développement important des métropoles grâce au renforcement de l’axe Barcelone-Montpellier-Marseille-Toulon-Nice-Gênes. La LGV PACA engendrera des échanges plus faciles avec les pays frontaliers: Espagne et Italie. A l’échelle régionale, intégrer Marseille au tracé permet de renforcer les échanges entre Marseille et Nice (1h avec la LGV contre 2h30 actuellement). Le passage par Toulon et Marseille permettra aussi d’assurer un meilleur trafic avec des trains plus fréquentés.
Les inconvénients du tracé Sud
Le cout du projet choisi s’élève à 11,5 milliards d’euros contre 8 milliards d’euros pour le tracé Nord (soit 3,5 milliards d’euros d’écart, ce qui est énorme à assumer pour les collectivités responsables du financement). Sur le plan environnemental, la décision a été dure à prendre car le tracé Sud va endommager l’écosystème de toute une région. Le passage par la vallée de l’Huveaune ou la plaine des maures entrainera la destruction de milliers d’hectares de terrains agricoles (vignes AOC principalement) et des milieux protégés très prisés. La traversée de vallée de l’Huveaune est un problème majeur car c’est une zone très urbanisée qui sera difficile à traverser. La réalisation de la LGV PACA passera par la construction de nombreux tunnels dans les zones les plus densément peuplées ne laissant pas de vide comme Toulon, Aubagne ou Marseille.
Enfin, en terme d’accessibilité un problème se pose pour la ville de Marseille: sa gare Saint Charles qui arrive actuellement en « cul de sac » sur Marseille ne permet pas pour l’instant la desserte d’une ligne à grande vitesse. Il faudra pour les acteurs chargés d’étudier le projet trouver une solution capable à la fois de répondre techniquement à l’arrivée de la LGV mais également de garder un cout raisonnable de travaux. Les hypothèses envisagées seraient de construire une gare en sous sol de la gare Saint Charles ou d’installer la gare LGV sur le site Marseille Blancarde (mais la liaison avec Aix en Provence deviendrait trop compliquée).






Bonjour,
Le premier document illustrant votre propos, au demeurant très intéressant, n’est pas produit par RFF mais provient du site « http://www.geotheque.org ». La source, présente sur le document original, a été tronquée. Merci de respecter les droits d’auteur en indiquant à proximité de l’illustration l’auteur et la source de l’illustration, et de vous en procurer (gratuitement) la version originale sur http://www.geotheque.org.
Bien cordialement