Situé à 2km en aval du centre-ville, le pont devait aussi s’intégrer par sa qualité architecturale au port de la Lune. Le choix d’un pont levant permet donc le passage de bateaux de toute taille, tout en proposant une architecture plutôt réussie. Bordeaux est classé à l’UNESCO depuis 2007, pour son port entre autre, c’est pourquoi il était important pour la ville de maintenir ce critère à travers ce nouveau projet.
Sur le pont du Bacalan, plusieurs voies séparées accueilleront les transports en communs sur 2×1 voie, les voitures et poids lourds sur 2×2 voies, ainsi que les piéton et vélos séparés de la circulation routière pour une meilleure sécurité. Cette connexion pourra ainsi désengorger le trafic sur le pont de Pierre qui accueille aujourd’hui le tramway.
L’ouvrage mesure 433 m de longueur dont 117 m de travée levante créant ainsi une passe navigable de 110 m de large. Sa largeur varie de 32 à 45 m suivant les sections.
La mise en chantier de ce projet est prévue depuis fin 2008 mais ne débute qu’aujourd’hui suite à une remise en cause du coût des travaux et donc de l’infrastructure. C’est donc après avoir réduit la hauteur des pylônes de 83 à 77 mètres que le coût de l’’opération s’élève à 125 millions d’euros au lieu de 145,8 millions d’euros TTC (dont 51M€ de co-financement par l’Etat, la Région Aquitaine et le Département).
La conception et l’ouvrage sont réalisés par Vinci grands Travaux, le coût global d’exploitation est estimé à 1 million d’euros (soit 0,86 % de l’investissement) dont 0,1 M€ pour les manœuvres, 0,4 M€ pour l’entretien courant et 0,5M€ pour les interventions de gros entretien.
Les travaux vont durer 33 mois, et l’ouvrage sera livré en 2012.






Un pont est avant tout construit pour relier les deux rives et laisser passer le cas échéant la navigation fluviale ou maritime. En l’occurrence, à Bordeaux il s’agit de trafic maritime. En effet depuis plus de 2000 ans le Port de la Lune reçoit des grands navires (maxi 250m) , encore une trentaine cette année malgré les travaux et les freins des politiques ne voulant pas que se soit un argument trop fort contre le pont levant.
Ce pont, comme à Rouen ne se lèvera pas car les croisiéristes sont très clairs : pas de navires dans un port fermé. Pas d’escales non plus pour les navires militaires pour les mêmes raisons.
Dans un cadre somptueux ce pont, dont le coût sera en réalité de 180 millions d’€, va amener en centre ville 40à 50000 véhicules/jour dont 5000 camions avec le bruit et la pollution associés.
Avant de parler d’esthétique parlons de besoin, d’efficacité et de bonne utilisation d’argent public.
Ecole des Ponts Paris-Tech : formation sur les ouvrages de franchissements – ponts et passerelles