L’Etat vient de signer la vente d’un site militaire de 38 hectares aux portes du centre-ville au profit de la municipalité de Montpellier : l’ancienne école militaire (école d’application de l’infanterie EAI). Le cout de la transaction est de 19 millions d’euros payable sous trois ans.
La mairie souhaitait, à l’origine, acquérir le site pour l’euro symbolique. Ce qui n’aurait rien eu de scandaleux compte tenu des dommages occasionnés pour la Ville par le départ contraint des militaires qui représentent une perte de 1700 emplois et de plus de 100 millions d’euros.
38 hectares de projet
Avec cette signature, Montpellier est désormais propriétaire d’un terrain d’une surface équivalente à celle d’Antigone. Antigone qui abritait également, avant que ce quartier ne sorte de terre, des terrains militaires, rachetés à l’époque par Georges Frêche.
La mairie se donne dix ans pour dessiner le nouveau visage de cet espace, en concertation avec la population. Certaines composantes du projet sont néanmoins déjà établies : les 26 hectares du parc Montcalm resteront le poumon vert du centre-ville. Seule petite modification, le parc sera réaménagé et mieux équipé, il sera aussi ouvert sur l’avenue de Toulouse.
En vert le territoire de projet : site de l’EAI (Crédits plan © Ville de Montpellier)
En matière de transport durable, la ligne 5 de tramway traversera ce nouveau quartier. Ce sont environ 2500 logements, dont le tiers réservés à du logement social (un autre tiers en accession sociale et le reste en privé), qui devraient à terme être construits. Enfin, conclusion heureuse et attendue de longue date par l’Unef, 340 chambres vides occupées à l’époque par des élèves officiers vont être cédées au Crous. Permettant, c’est probable, qu’autant d’étudiants boursiers, aujourd’hui privés de toit, aient un logement dès la rentrée prochaine.
Calendrier
Après concertation de la population, désignation de l’aménageur, dialogue compétitif, l’architecte en chef devrait être désigné fin 2012-début 2013. Et le PLU (plan local d’urbanisme) modifié aux alentours de juin 2013. Tel qu’il est établi aujourd’hui, la Ville ne peut construire que des bâtiments militaires sur ce site.
Si le projet « d’éco-quartier » s’étalera sur une dizaine d’années, la priorité affichée par la Ville est de permettre au Crous de mettre à disposition les 340 chambres disponibles dans certains bâtiments dès septembre 2012.
À terme, le programme imaginé par les services municipaux est de réaliser 2 500 logements, dont un tiers de sociaux, un tiers d’appartements en accession et un dernier tiers réservé à la promotion privée afin d’amortir le coût d’investissement. Une articulation qui permettra, au final, d’aboutir à un coût net de 4 millions d’euros pour la Ville.
Les lignes directrices du projet : une étude de 2010
Dans le cadre de la Révision Générale des Politiques Publiques en 2010, une réforme de la carte militaire a été engagée. A Montpellier, le choix s’est porté sur la fermeture de l’EAI.
La ville a ainsi voulu acquérir rapidement le terrain afin de valoriser ce secteur urbain dense qui présente de forts enjeux urbains et économiques.
Elle alors lancé un « appel à idées » ouvert très largement à des équipes pluridisciplinaires. L’objectif de cette étude était faire émerger des programmes très diversifiés, complémentaires ou non et d’en vérifier la faisabilité.
Au total, 60 candidatures ont été déposées faisant état d’une grande diversité de réponses, avec une majorité d’architectes-urbanistes et paysagistes mais aussi des scientifiques, des ingénieurs, des artistes (chorégraphe, plasticien,…), des designers, des économistes, des juristes, des médecins, des écologues, des philosophes, des scénographes, des promoteurs, des associations sportives,…
Sur ces 60 candidats, 6 équipes ont été désignées en vue de prolonger leur réflexion. Cette phase permet de dessiner un site évolutif avec une reconversion concertée, tout en préservant la mémoire du site et la nature.
Parmi les 6 candidats
• un parc intégré dans le réseau des espaces naturels et urbains, avec une plantation d’arbres méditerranéens (MATTE, DEVAUX, ROUSSEAU / COLOCO / FARIO)
• un parcours de santé thématique ; un festival de sports urbains ; un écran interactif de toutes les offres sportives et activités du site (BOYER / PERCHERON / ASSUS / SENSINI / APC / LEPLEGES)
• un nouveau « concept parc du XXIe siècle » (APACK / TEDDE / DALNOKY / BET)
• une trame bleue et verte favorisant la biodiversité et le développement du végétal (TOURRE / DUFOIX & LHENRY / TRIBU / ORCHIS HABITAT)
• un parc ouvert sur la ville et dédié au sport et à la médecine (SCOTTO di CARLO / NAVARRO / HAMERMAN)
• un grand parc ouvert sur l’avenue de Toulouse (FERRIER / ICADE / TER / SCET / ROUX / BOURDAIS / CHAUVE)





Je trouve scandaleux que l’Etat ne vende ses terrains à la ville qu’à 19 millions d’euros. Si la ville a perdu avec le départ des militaires, elle n’a rien fait pour les défendre et les garder. Personnel civil de l’EMSAM, j’ai depuis janvier 2011 été mutée à Paris. Le DRH de la ville de Montpellier (j’avais postulé afin de pouvoir rester sur Montpellier où j’occupe lappartement familial) m’a fait remarquer qu’étant donné mon âge, la ville ne pouvait investir sur moi. J’ai donc été mutée sans état d’âme par le ministère de la défense.
On est à 50€ du m² pour le terrain, c’est clair qu’on leur a donné !! En espérant qu’il en fasse quelque chose de bien et que des gens sans trop de moyen puissent acquérir un appartement.