La Ville Passante selon David Mangin, grand prix de l’urbanisme 2008
La Ville Passante est une notion développée par David Mangin, urbaniste et architecte. Auteur entre autres de La Ville franchisée, aux éditions La Villette (2004), il a reçu en 2008 le grand prix national d’urbanisme.
Pour tout savoir sur David Mangin : sa fiche complète ici avec biographie, projets et réalisations
David Mangin théorise cette notion de ville passante qui consiste à redonner de la perméabilité aux villes. Les productions urbaines comme les lotissement en escargot ou cités administratives forment des blocs étanches qu’il faut contourner pour se rendre d’un point à un autre. Ceux-ci rallongent les distances et la dépendance automobile (Mangin 2009). Une variante de cette notion vise à favoriser systématiquement les circuits courts plus directs pour les piétons. Le quartier de la confluence à Lyon décline le concept d’îlot ouvert qui permet aux piétons et cyclistes de cheminer à l’intérieur des îlots, à l’abri des flux de circulation -voir l’article sur Lyon confluences-.
Crédits image : David Mangin
Dans son ouvrage sur la Ville franchisée, David Mangin est parti du double constat de l’omniprésence de la grande distribution dans le paysage urbain actuel et de la tendance à la réduction de l’espace libre d’accès et gratuit. L’espace urbain aujourd’hui est composé d’une série d’enclaves qui ne sont pas accessibles à tous, et il serait dangereux de croire que les parkings de centres commerciaux peuvent remplacer les places publiques.
Il s’agit alors d’opposer à ce système de l’entre-soi et de l’enfermement (centres commerciaux, résidences, parcs d’activités et de tourisme) un modèle de « ville passante » , où les espaces seraient restitués à l’ensemble des citoyens.
David Mangin montre par ses dessins sa grande capacité à saisir en quelques traits marquants les évolutions majeures d’un réseau de transport, d’un hypermarché, d’un lotissement…
À propos des réseaux de transport, il rappelle la place centrale de l’automobile dans la constitution des axes et des systèmes de circulation. Il présente les trois options aujourd’hui offertes aux villes qui souhaitent aujourd’hui avancer sur cette question :
- le choix du réel : on continue à étendre la ville pour la voiture. L’inconvénient de ce choix et le coût de l’énergie et l’accroissement des distances à parcourir.
- le choix du fantasme : on pourrait tenter d’imiter des villes comme Copenhague, qui ont réussi à adapter complètement l’espace et les voies de circulation aux transports doux. Ce système a l’inconvénient d’être lourd à mettre en place
- le choix du possible : une voie médiane qui tente de réduire la part de la voiture et de réintroduire des réseaux de transports en communs dans l’espace vivant de la ville.
Au-delà de ces choix sur le thème de la circulation, qui posent beaucoup de questions et de débats sur les valeurs de vie en commun des uns et des autres, David Mangin cite des exemples de réalisations qui font souvent consensus : celles qui cherchent à faire entrer la géographie dans la ville, à reconquérir les fleuves (Paris-plage, berges du Rhône) et à développer les espaces verts.
Projet des Ardoines par SEURA, l’agence cofondée par D.Mangin- article ici- Crédits image : SEURA
David Mangin a produit des projets qui suivent cette réflexion autour de la ville « passante » : les Halles de Paris (suite au concours d’architecture de 2004), les quartiers durables de Douai, les accès routiers à Marseille, la reconversion du quartier industriel des Grands Moulins à Paris, les berges d’Angers…
Vidéo de David Mangin : sa vision du jardin des Halles à Paris
Le site de David Mangin ici


















































