Espace Culturel Aimé Césaire à Gennevilliers par Rudy Ricciotti et Hervé Di Rosa
Le nouvel Espace Culturel Aimé Césaire à Gennevilliers, dans les Hauts-de-Seine, imaginé par l’agence d’architecture Ricciotti et l’artiste Hervé Di Rosa, a été inauguré fin septembre 2013.
L’architecte Rudy Ricciotti a pris en charge l’enveloppe du bâtiment et a laissé carte blanche à Hervé Di Rosa pour aménager le hall de l’Espace Culturel.
© Mairie de Gennevilliers
Implanté dans le quartier du Luth à Gennevilliers, ce nouveau bâtiment emblématique du projet ANRU regroupe sur 2330 m² et 4 niveaux : une médiathèque, un centre social, une salle polyvalente dédiée aux expositions et aux débats.
L’agence Ricciotti a également fait le choix de minimiser l’emprise bâtie du bâtiment au profit d’un plus vaste parvis, et de la création d’espaces verts qui relieront le site du projet, depuis la rue Maurice-Ravel jusqu’au square des Bonnequins. Le bâtiment ne s’inscrit que sur une part restreinte du terrain d’assiette possible du projet.
Le bâtiment a ainsi prit de l’altitude et accentuer la volonté de signal. La forme plastique de l’ouvrage a pour objectif d’être en rupture et non de dégager de l’hostilité envers les constructions avoisinantes.
Le complexe est lumineux, le jour et la nuit. Il se pare de façades blanches, lisses et minérales. Le bâtiment est voué à disposer d’une juste lecture de nuit ; illuminé en pied, doté de percements dont certains laissent percer un éclairage intérieur. Il s’agit de traduire l’image d’une « lanterne magique ».
Le projet prend de la hauteur par l’organisation verticale des principales entités du programme. Il est visible à distance, c’est un point d’horizon bienvenu au terme des généreuses perspectives que la composition urbaine « moderne » à engendrer par le passé.
L’organisation interne du Centre Culturel et Social se veut claire, performante et sécurisante, tant pour le public visiteur, que pour les personnels et les biens.
Les parois des diverses salles sont essentiellement délimitées par des voiles de verres ouverts sur son enveloppe blanche revêtues de marbre. Le bâtiment est éclairé naturellement grâce à des incisions irrégulières de l’enveloppe. Une fois la nuit tombée, c’est au coeur du bâtiment de dégager l’énergie qui met en avant ces incisions. L’angle donnant sur l’espace public est soulevé afin d’identifier l’entrée de l’équipement. La faible hauteur des ouvertures rend la fonction du bâtiment intrigante et suscite la curiosité du passant.
Le reportage photos de l’inauguration © Mairie de Gennevilliers
Des photos du bâtiment © Anagraphis
La médiathèque au rez-de-chaussée
• Des collections :
• Des espaces sur 2 niveaux :
• Des espaces conviviaux avec nombreux fauteuils et canapés, pour feuilleter la presse, lire une BD, un manga ou consulter un livre
• Un espace actualités, presse quotidienne et hebdomadaire, magazines
• Un espace BD et mangas pour adultes et jeunes à partir de
14 ans
• Un espace vie pratique : documents d’informations, livres pratiques, guides, orientation professionnelle
• Un espace beaux livres et présentation de nouveautés
• Des espaces réservés aux enfants de moins de 8 ans : albums, contes, premiers documentaires, premières lectures, des espaces pour les tout-petits (moins de 3 ans)
• Un espace animations et rencontres : heure du conte, conférences, rencontres littéraires
• Un coin parents et professionnels de l’Enfance
La médiathèque au premier étage
• Un espace fiction pour les enfants à partir de 8 ans : revues, BD, mangas, romans
• Un espace fiction pour les adolescents
• Un espace DVD pour emprunter et visionner des films pour petits ou grands
• Un espace fiction pour les adultes : romans, livres en grands caractères, romans policiers, science-fiction
• Un espace documentaire : ouvrages sur tous les sujets pour les jeunes à partir de 8 ans et les adultes
• Un espace multimédia avec 8 postes à disposition du public, dont 1 grand écran pour les malvoyants
• Des espaces de lecture ou de travail sur place, les bibliothécaires étant à la disposition des usagers pour les aider dans leurs recherches
• Des services et animations
• Un poste multimédia
• Des animations pour jeune public et adultes
Au 2e étage
• Une salle polyvalente
• Un salon
• Un espace enfants
• Un bar
Au 3e étage
• Des bureaux administratifs
• Trois salles d’activités
• Un espace numérique
• Une terrasse
Questions à Rudy Ricciotti
L’espace Aimé-Césaire est un défi architectural, avec ses ouvertures, inspirées du peintre Lucio Fontana, ouvertures, jusque dans les angles du bâtiment. Vous demandez beaucoup aux entreprises et aux ouvriers ?
• Rudy Ricciotti : La construction publique est aussi un prétexte pour consolider les savoir-faire constructifs. Ainsi cette réalisation participe au développement et à la défense d’une mémoire du travail territorialisée. Le béton au-delà de son empreinte environnementale favorable, résiste à la délocalisation des emplois. Il est au coeur du développement durable.
Comment ce sont faites techniquement ces «déchirures» dans le béton ?
• Rudy Ricciotti : Chaque façade est armée de treillis soudés. Les échancrures sont prévues pour les fenêtres. C’est en fait une maille comme dans le textile. Elle fut soulevée verticalement et placée dans les banches de façades. Des mannequins ont obstrué les fenêtres pour contenir les bétons. Ça a l’air simple grâce au génie des ouvriers, techniciens et ingénieurs de l’entreprise.
Comment avez-vous conçu l’intégration de ce bâtiment dans le quartier du Luth de Gennevilliers ?
• Rudy Ricciotti : En bout de perspective de l’avenue, c’est un peu une lanterne magique la nuit. Une citrouille cubique qui ne se prend pas au sérieux et tend la main au quartier.
Vous aimez les défis et challenges architecturaux ?
• Rudy Ricciotti : J’aime les projets appelant un gros coefficient de main d’oeuvre. J’aime le monde du bâtiment, c’est une activité qui tire vers le haut et devient une clef de la redistribution économique. Les entreprises françaises savent tout faire, c’est no limit ! Il faut pour cela deux mots magiques « s’il vous plaît » puis « merci ».
Le défi est gagné ?
• Rudy Ricciotti : Oui pour la première mi-temps de ce match. A l’usage ce sera aux habitants d’arbitrer.
Pourquoi avoir voulu réaliser l’espace culturel et social de Gennevilliers, Aimé-Césaire, qu’est-ce qui vous intéresse dans ce projet ?
• Rudy Ricciotti : C’est un vrai programme dans un quartier qui a besoin d’équipements généreux. C’est là qu’il fallait construire, la Ville a eu raison. L’architecture n’est que la pétrification culturelle d’une décision politique.
L’intérieur du hall est habillé et décoré par Hervé Di Rosa est-ce une véritable collaboration qui s’est instaurée entre vous deux ?
• Rudy Ricciotti : Oui et je suis heureux qu’Hervé Di Rosa soit l’artiste du hall. Sa vision est optimiste, marquée de récit et très généreuse. Il est l’artiste en situation avec une oeuvre toujours pertinente.
Équipe de maitrise d’œuvre
Architecte mandataire : Rudy Ricciotti
BET Structure : Lamoureux & Ricciotti Ingénierie
BET fluides, VRD et économie de la construction : GINGER Ingénierie
BET HQE : BRED Ingénierie du groupe GINGER
Intervention de l’acousticien : THERMIBEL
Intervention du scénographe : SCENARCHIE
La construction de l’espace culturel et social Aimé-Césaire d’un coût global de 8 946 500€ HT, est le fruit d’un partenariat financier :
• Etat – ANRU : 1 789 300€
• Etat – DRAC : 833 256 €
• Région Ile de France : 550 500 €
• CAF : 712 000 € (dont une partie en prêt)
• Conseil Général des Hauts-de-Seine : 3 777 743€
• Participation Ville : 1 995 701€
Son équipement a bénéficié des subventions suivantes :
• CNL (Ministère de la culture) : 32 480 €
• Etat – DRAC : 139 946 €
• Région : 16 200 €
• CAF : 113 127 €
• La ville a participé à hauteur de : 657 934 €






















































