Depuis les catastrophes japonaises, voir l’article sur le séisme, la France et tous les pays accueillant des activité nucléaires sont dans un état d’esprit de PRÉCAUTION.
Le risque sismique est devenu depuis quelques années en France une préoccupation majeure en matière de sûreté nucléaire. S’il n’y a pas de risque de tsunami, ni de tremblement de terre d’une ampleur de celle enregistrée par le Japon, les experts s’accordent à reconnaître qu’il y aura certainement des leçons à tirer, notamment sur les problèmes d’inondations qui, à l’instar de la catastrophe japonaise, ont dégradé les équipements de refroidissement des réacteurs.
«En termes de réglementation, les centrales nucléaires sont des ouvrages qui appartiennent à une classe de risque à part, au-delà même du «risque spécial» correspondant aux installations Seveso», pose Wolfgang Jalil (Amadeus Consult), professeur à l’Ecole nationale des ponts et chaussées. «Cela revient à prendre en compte la possibilité de séismes très importants, y compris dans les zones peu sismiques comme le nord de la France».

En France, les centrales nucléaires sont conçues pour résister à un tremblement de terre dont la magnitude peut aller jusqu’à 6,8 (6,3+0,5). «Au-delà des épaisseurs de béton, on peut si besoin mettre en œuvre des appareils d’appui, sortes d’amortisseurs, qui vont fortement réduire les mouvements en cas de séisme, ajoute Wolfgang Jalil. C’est un système que l’on retrouve sur la centrale de Cruas sur les bords du Rhône».
En France, la sûreté de chaque installation est réévaluée tous les dix ans au cours du «réexamen de sûreté». «On y vérifie deux aspects: la santé de l’ouvrage qui vieillit et la conformité de l’installation aux normes en vigueur, explique Thomas Houdré, directeur des centrales à l’Autorité de sûreté nucléaire. Si elle n’est pas le seul paramètre sismique déterminant la conception d’une centrale, la nouvelle cartographie du risque sismique peut conduire à modifier ou renforcer les installations nucléaires». «L’aléa sismique est systématiquement réévalué, ce qui peut conduire à une augmentation du niveau de séisme à considérer», ajoute Philippe Bisch, directeur scientifique de l’ingénieriste Iosis (groupe Egis).
L’ennemi N°1 : L’EAU
Malgré l’application prochaine d’un nouveau zonage sismique, les experts ne sont pas inquiets sur l’état du parc français. Ils le sont davantage sur les effets induits par un séisme (tsunami, inondations…). Si la France ne risque pas la survenue d’un tsunami comme au Japon, plusieurs incidents intervenus ces dernières années ont mis en évidence la fragilité des équipements techniques (panne des groupes électrogènes…) chargés de garantir le refroidissement du cœur. En 2009, à Cruas (Ardèche), la crue du Rhône avait charrié des végétaux qui ont obstrué la station de pompage. Résultat : durant 10 heures, le réacteur n°4 a été privé de sa source de refroidissement. Plus grave, en 1999, l’ouragan Martin provoque l’inondation d’une partie de la centrale nucléaire du Blayais (Gironde). Suite à cet incident grave, EDF a rehaussé les digues, procédé à des enrochements… Qui ont donné satisfaction lors des passages successifs de Klaus en 2009 et Xynthia en 2010. Les centrales du parc français existant sont munies de deux voies de refroidissement possibles.
Le parc existant inquiète les associations écologistes. Celles-ci soulignent le vieillissement des installations françaises, souvent trentenaires, alors que l’un des réacteurs japonais qui a explosé dépassait les 40 ans d’âge. La centrale de Fessenheim (Alsace), entrée en service en 1977 et installée dans une zone sismique à aléa moyen, cristallise les débats. Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Ecologie s’est voulu rassurante : «les installations françaises sont préparées à faire face aux risques naturels. Fessenheim a été conçue pour résister à un séisme supérieur au plus puissant connu, celui de 1356 à Bâle (en Suisse, à 80 km de là)»
LES RÉSULTATS DE SURVEILLANCE DE L’IRSN (Institut de radioprotection et de sureté nucléaire) ici.



