L’enquête publique pour la construction des accès français à la ligne à grande vitesse (LGV) Transalpine entre Lyon et Turin vient de démarrer, elle s’achèvera le 5 mars prochain. Durant toute cette période, les habitants des 73 communes touchées par le tracé sont invités à donner leur avis.
(Crédits image © RFF)
Selon RFF et la SNCF, la Transalpine Lyon – Turin est le maillon central du corridor ferroviaire transeuropéen Lisbonne – Kiev qui permet de mettre en réseau 5000 km de lignes ferroviaires existantes entre les grandes villes européennes. Retenu dès 1994 par l’Europe dans la liste de ses 14 projets prioritaires de transport, la Transalpine permettra d’acheminer, entre Lyon et Turin, 40 millions de tonnes de marchandises par an et 5 millions de voyageurs.
Cette liaison est constituée de trois sections :
• la section française entre l’agglomération lyonnaise et Saint-Jean-de-Maurienne, confiée à RFF,
• la section italienne entre la vallée de Suse et l’agglomération turinoise en Italie, confiée à RFI,
• la partie commune franco-italienne entre Saint-Jean-de-Maurienne en Savoie et la vallée de Suse en Piémont confiée à Lyon Turin Ferroviaire LTF SAS, filiale commune de RFF et RFI.
Les clés du projet
• Une liaison ferroviaire fret permettant d’acheminer plus de 40 millions de tonnes supplémentaires de marchandises par an, soit l’équivalent de 2 millions de camions par an à travers les Alpes, avec une offre performante (la ligne actuelle France-Italie a été inaugurée en 1871).
• Une liaison voyageurs permettant à 5 millions de personnes de se déplacer entre la France et l’Italie (ex. Paris-Milan 4h) en toute sécurité, offrant une véritable alternative au transport aérien.
• Un chantier européen de construction et d’aménagement d’un tunnel de basse altitude de 57 km sous le massif du Mont-Cenis, et de quelques 150 km de lignes nouvelles d’accès à réaliser progressivement au travers des Préalpes entre Lyon et Turin.
• Un projet transfrontalier à la croisée du grand corridor méditerranéen (Espagne/France/Italie/Slovénie/Hongrie) et de l’axe Nord Sud (Royaume-Uni/France/Italie) fédérant les espaces économiques du sud-est français et de l’Italie du nord qui démarre demain porte sur un projet de plus de 7,5 milliards d’euros. Les “accès français” de la liaison ferroviaire à grande vitesse entre Lyon et Turin, soit 140 kilomètres, sont donc d’un coût comparable aux 8,2 milliards de la section internationale. Celle-ci ne fait “que” 85 kilomètres entre Saint-Jean-de-Maurienne et l’entrée de la plaine de Turin, mais elle est presque entièrement en tunnel bitube.
Enquête publique sur les accès français : 16 janvier – 5 mars 2012
Les accès français comportent, dans un premier temps, deux éléments : une ligne mixte (voyageurs et marchandises) entre le contournement ferroviaire de Lyon (CFAL) et le nord de Chambéry, et une ligne dédiée au fret qui s’embrancherait sur la ligne mixte au niveau d’Avressieux, pour rejoindre à Saint-Jean-de-Maurienne la section internationale après avoir emprunté trois longs tunnels : Chartreuse, Belledonne, Glandon.
Les communes concernées par l’enquête publique sont 73, dans le Rhône, l’Isère et la Savoie. Pour certaines, l’impact est nul car le tracé de la ligne est entièrement souterrain sur leur territoire. Mais leurs habitants ont tout de même voix au chapitre et pourront donner leur avis sur les registres d’enquête, et rencontrer les commissaires enquêteurs aux cours des permanences qu’ils tiendront dans les mairies.
En revanche, certaines communes non concernées par le tracé, mais qui le seront par l’augmentation du trafic, ne figurent pas dans l’enquête, notamment au sud de Chambéry.
Oppositions
Le projet qui devrait voir le jour en 2025 suscite de vives oppositions, surtout de l’autre côté de la frontière. Selon nos confrères du nouvel observateur, des manifestations régulières voient le jour à la frontière Franco-italienne, la dernière en date a eu lieu le 20 décembre dernier et a rassemblé plus de 6000 personnes.
A ce titre, un comité anti – LGV s’est formé. Ses membres regroupent citoyens et associations qui revendiquent :
• son inutilité : elle est injustifiée car l’importance du trafic de passagers et de marchandises n’est toujours pas prouvée ;
• son prix : pris sur les dépenses publiques, il pèsera sur les générations futures en rognant les dépenses dédiées à l’école, la santé, les retraites et l’Etat social ;
• elle favoriserait la croissance des liens entre partis, entrepreneurs et mafia : « Un cancer dans notre pays que les grands ouvrages alimentent. » ;
• elle aurait un impact dévastateur et irréversible sur le territoire traversé et provoquerait des dommages irréversibles sur l’environnement et la santé des citoyens.



