L’architecte niçois Marc Barani, 56 ans, a reçu le Grand Prix national de l’architecture 2013, la plus haute distinction française pour un architecte qui récompense l’ensemble de sa carrière. Le prix a été décerné après deux tours de scrutin par Aurélie Filippetti, Ministre de la Culture et Présidente du jury.
Un appel à propositions avait été envoyé à plus de deux mille personnalités qualifiées du monde de l’architecture, les invitant à se prononcer sur plusieurs personnes susceptibles de recevoir ce prix.
Les participants
Au total cinq architectes ou agences étaient en compétition pour remporter le Grand Prix national de l’architecture :
– Jean-Marc Ibos & Myrto Vitart,
– Patrick Bouchain (Construire),
– Odile Decq,
– Gilles Perraudin,
– Marc Barani.
Le Grand Prix national de l’architecture en détails
Ce prix a été créé en 1975 et se déroule tous les deux ans. Il récompense un architecte ou une agence d’architecture pour l’ensemble de son œuvre. Le lauréat reçoit à cette occasion un diplôme conçu par Daniel Buren.
Les lauréats distingués ces 10 dernières années :
2004 : Patrick Berger
2006 : Rudy Ricciotti
2008 : Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal
2010 : Frédéric Borel
La biographie de Marc Barani
Marc Barani est né en 1957 à Menton, il a étudié à l’Ensa de Marseille jusqu’en 1983, année d’obtention de son diplôme d’architecte DPLG et a suivi une formation de scénographie à la Villa Arson. Il est ensuite révélé au grand public en 1992 pour son projet d’extension du cimetière de Saint-Pancrace, à Roquebrune-Cap-Martin, puis reçoit l’Équerre d’argent en 2008 pour la réalisation du pôle multimodal du tramway de l’agglomération niçoise de Nice.
Marc Barani a une vision très prospective de l’architecture. Selon lui, c’est une discipline qui se pratique en équipe et qui regroupe toutes les thématiques en rapport avec la construction et les hommes comme l’anthropologie, la sociologie, l’économie, l’urbanisme, la sculpture, etc. Son style en revanche se rapproche d’avantage de celui de son confrère Rudy Ricciotti, tous deux grands adeptes du béton et des constructions brutes et opaques.
Selon lui «l’architecture est la science des correspondances subtiles». Elle s’inscrit parfaitement dans la situation actuelle ; « on n’est plus dans des positions arrêtées et doctrinales mais dans l’évaluation des champs de force à mettre en synergie de manière subtile, voir magique, comme le qualifient les hindous ».
Projets en cours
– Centre de Congrès de Nancy
– Le tribunal de grande instance (TGI) d’Aix-en-Provence

– Sanctuaire Notre-Dame-du-Laus
Ses principales réalisations
– 1992 : Extension du Cimetière Saint-Pancrace, Roquebrune-Cap-Martin
– 2001 : Passerelle du Millénaire, avec le sculpteur Bernard Pagès, Contes
– 2007 : Pôle multimodal du tramway de Nice, Nice
– 2008 : Centre d’art contemporain Les Églises (réhabilitation, restructuration), avec le designer Martin Szekely, Chelles
– 2008 : Musée national Fernand-Léger (rénovation, restructuration), Biot
– 2009 : Pont Renault, Boulogne-Billancourt
– 2011 : Pont Éric-Tabarly, Nantes
Le pôle multimodal du tramway de Nice s’est heurté à de nombreuses difficultés, notamment techniques en raison de la difficulté à trouver un site permettant de l’accueillir matériellement. Il s’enroule autour des infrastructures déjà présentes en reliant par paliers successifs ville et colline. En ayant permis de redynamiser un quartier isolé, notamment grâce à l’implantation de commerces, c’est l’exemple même d’une architecture qui dépasse sa finalité première pour aller au-delà d’elle-même.
Depuis juin 2011, le pont Eric Tabarly relie l’Ile de Nantes au centre-ville.
Le mémorial de Rafic Hariri s’élève au coeur de la capitale libanaise, à l’ombre de la mosquée Mohamed Al-Amin, qui domine la place des Martyrs. Il a été érigé en hommage à l’ex-Premier ministre assassiné lors d’un attentat en 2005.
Le pont Renault qui enjambe la Seine et relie Boulogne-Billancourt à l’Ile Seguin (Crédits photo : Julia Z.)






