Nantes invite ses visiteurs à une promenade urbaine artistique : « Le voyage à Nantes »
Du 15 juin au 19 août, une centaine d’artistes mettent la ville en scène avec « Le Voyage à Nantes », un parcours urbain qui mêle interventions artistiques et patrimoine architectural.
Depuis une vingtaine d’années, Nantes actionne le levier de la culture pour se rendre attractive. La ville a su transformer sa culture industrielle en capital créatif, moteur d’un projet urbain. En s’installant dans les friches des chantiers navals de l’île de Nantes, le festival des Allumés donne le top départ d’un mouvement qui se concrétise aujourd’hui par « Le Voyage à Nantes ».
Sous cette appellation sont désormais regroupés au sein d’une société publique locale les principaux équipements culturels de la ville (château des Ducs de Bretagne, Les Machines de l’île, le Lieu Unique…). Mais Le Voyage à Nantes est aussi une manifestation, sous-titrée « Une ville renversée par l’art ».
Le Carrousel des mondes marins
Ce carrousel (25 m de haut, 20 m de diamètre) est une incroyable sculpture dédiée à la mer qui accueille les Machines de l’île de Nantes. Les auteurs, Pierre Orefice et François Delarozière, invitent le visiteur à un voyage aquatique sur trois niveaux dans une dentelle de béton.
Crédits photo © Jean-Dominique Billaud/Samoa
Un parcours de 8,5 km
Du 15 juin au 19 août, une centaine d’artistes mettent la ville en scène avec un parcours urbain de 8,5 km. « Nous n’avons pas Beaubourg ou Guggenheim, mais un monument dispersé d’une trentaine d’étapes dans l’espace public », explique Jean Blaise, gourou de la culture à Nantes et directeur général du Voyage à Nantes.
Si la Maison Radieuse de Rezé ne fait pas Le Voyage à Nantes (les habitants s’y opposent), le patrimoine architectural contemporain s’impose avec le Palais de justice de Jean Nouvel, l’école d’architecture de Lacaton & Vassal ou l’étonnant immeuble Manny avec ses 3000 lames d’aluminium perforées des Nantais Tetrarc. Ce patrimoine s’est enrichi récemment de La Fabrique (musiques actuelles) réalisée par Tetrarc, du mémorial de l’abolition de l’esclavage – un espace public commémoratif conçu par l’artiste Wodiczko et l’architecte Bonder – et du Carrousel des mondes marins, nouvelle vedette de l’île de Nantes.
La tour Bretagne
La terrasse du 32e étage de la tour Bretagne (jusqu’alors fermée au public) accueillera un bar panoramique dont l’aménagement a été confié au graphiste Jean Julien. Les architectes nantais d’Urbanmakers ont accompagné l’artiste dans la réalisation de ce projet.
© Voyage à Nantes
Même la tour Bretagne, symbole d’une architecture aujourd’hui révolue, s’invite au voyage. La terrasse du 32e étage (jusqu’alors fermée au public) accueillera un bar panoramique dont l’aménagement a été confié au graphiste Jean Julien. Avec l’aide du fabricant de mobilier nantais Métalobil, celui-ci a imaginé un « nid » abritant un immense héron blanc endormi dont le cou sert d’assise filante, tandis que le renflement du corps accueille le comptoir.
Choisi pour son expérience passée sur les immeubles de grande hauteur au sein de l’agence de Jacques Ferrier, l’architecte Antoine Motte (urbanmakers) a accompagné l’artiste dans la réalisation concrète du projet. « La terrasse extérieure qui ceint le bar à 360 degrés offre un point de vue exceptionnel sur la ville et nous avons imaginé une volière pour la protection du public », explique-t-il.
Mont Royal(e)
La fontaine de la place Royale, théâtre, tribune, montagne d’humeurs collectives d’une place centrale de la ville (de mai 68 à l’apéro Facebook de mai 2010) est aussi un symbole de la vocation fluviale et maritime de Nantes. Le Mont Royal(e) imaginé par Block architectes, reprend les formes du mont Gerbier-de-Jonc – source de la Loire – et invite les grimpeurs à l’escalader.
Du haut des 144 mètres de la tour, le visiteur pourra s’amuser à chercher les œuvres cachées dans la ville : les plateformes points de vue construites dans des arbres par les étudiants de l’école d’architecture, le mobilier urbain protéiforme imaginé par le collectif d’architectes Fichtre avec les étudiants de l’école supérieure du bois ou les œuvres de la biennale d’art « Estuaire » comme « Mont Royal(e) », la structure de Block architectes qui reprend les formes du Mont Gerbier-de-Jonc et recouvre la célèbre fontaine de la place Royale.
L’école d’architecture
Conçue par les architectes Lacaton & Vassal, l’école nationale supérieure d’architecture de Nantes accueille L’Absence de l’Atelier Van Lieshout à la fois une sculpture, un bar, et un commentaire sur l’architecture d’aujourd’hui qui questionnera les étudiants sur la forme de leurs futures réalisations. Sur le toit de l’école, le collectif « Playgrounds » a installé un banana hall, curieux terrain de basket sans panier.






















































