La Société du métro de Montréal (STM) a dévoilé le 8 juin 2012 un modèle témoin du futur métro qui équipera la métropole québécoise à partir de 2014. C’est le fruit du mariage de raison entre le constructeur canadien Bombardier et le français Alstom qui ont longtemps guerroyé sur ce dossier.
« Azur » après la tempête, c’est le nom des prochaines rames du métro de Montréal dont une voiture modèle vient d’être dévoilée aux clients du réseau des transports urbains. Ils peuvent en découvrir temporairement le design extérieur ainsi que les aménagements intérieurs.
Signé Labbé Designers & associés, le dessin et l’aménagement clair des futures Azur – 9 voitures dont 7 intermédiaires motrices- répond à l’objectif de faire entrer le métro de Montréal dans le XXIe siècle : intercirculation ouverte, intérieur spacieux offrant un aménagement de sièges optimal et ergonomique (22 sièges fixes dans les voitures d’extrémité avec espaces dédiés pour les fauteuil roulant, 28 pour les voitures intermédiaires), ventilation à réglage automatique en fonction de l’affluence et de la température, portes à ouverture automatique, écrans d’information voyageurs, voici les principales caractéristiques.
Pas de doute, le transport public souterrain va connaître un sacré coup de jeune dans la métropole québécoise. Mais il faudra encore patienter. Car ce n’est qu’à partir de 2014 que le matériel sur pneu entrera en service, sa livraison devant s’étaler jusqu’à fin 2018. Une arrivée attendue avec impatience pour remplacer les actuelles rames vieillissantes.
Construites par Canadian Vickers et par Bombardier, les plus anciennes sont entrées en service à partir de 1966, les plus récentes environ 20 ans après.
Quatre ans de retard
Plus spacieux, le nouveau matériel augmentera à terme « de 10 % la capacité du réseau qui transporte 900 000 voyageurs par jour dans une capitale en proie à la congestion automobile », selon les autorités québécoises
L’arrivée du nouveau métro a pris quatre ans de retard à cause de nombreuses péripéties : lancé au milieu des années 2000, la modernisation du métro de Montréal a fait l’objet d’une bataille terrible entre le constructeur québécois Bombardier et le Français Alstom. Dans un premier temps il était question d’une négociation de gré à gré entre la STM et Bombardier. Un accord contesté en 2006 par Alstom (qui possède des usines dans la Belle province) devant la justice locale, laquelle a donné raison au constructeur français.
Sarkozy était monté au créneau
Nicolas Sarkozy, alors président de la République, était même intervenu dans ce bras de fer. Début 2008, il avait stigmatisé une forme de protectionnisme qu’il menaçait de faire appliquer en réciprocité à Bombardier, candidat en France pour des marchés de renouvellement de trains de la SNCF.
Résultat, un appel d’offres a été lancé pour lequel les deux rivaux ont choisi de fusionner. Une stratégie payante puisque le consortium qu’ils ont formé a été déclaré vainqueur fin 2008. Toutefois, la conclusion finale du contrat a encore été perturbée, Montréal jugeant que les deux alliés trop gourmands crevaient le plafond prévu pour le marché : 1,2 milliard de dollars canadiens (environ 930 millions d’euros).
De quoi inciter d’autres concurrents, l’Espagnol CAF par exemple, ou des industriels asiatiques à monter au créneau. CAF a obtenu de participer à un nouvel appel d’offres international. Mais une contre-attaque du consortium favori a incité le gouvernement québécois à clore les débats au moyen d’une loi.
Finalement, la victoire du consortium Alstom-Bombardier a été confirmée fin 2010. Il porte sur la fourniture de 468 voitures pour un montant estimé à l’époque à 1,2 milliard de dollars canadiens (864 millions d’euros) la part de Bombardier s’élevant à 519 millions d’euros, celle d’Alstom à 345 millions d’euros.
Source : www.mobilicites.com



