Rudy Ricciotti lauréat pour la restauration du Château-Abbaye de Cassan

rudy-ricciotti-Chateau-Abbaye-Cassan

SERCIB, promoteur immobilier et propriétaire du Château-Abbaye de Cassan, avait lancé en juillet dernier un concours d’architecture international sur invitation, avec l’ambition d’obtenir des réponses architecturales exceptionnelles pour la conception de ce centre œnologique.

Le projet de Rudy Ricciotti a été choisi parmi les projets proposés par les 5 architectes invités. Le caractère onirique du chai et l’inertie thermique naturelle ont séduit le maître d’ouvrage.

Les 5 équipes invitées : ISABEL HERAULT & YVES ARNOD ARCHITECTES / MASSIMILIANO FUKSAS ARCHITECTURE / AGENCE RUDY RICCIOTTI / KUMA & ASSOCIATES EUROPE / GABOR MESTER DE PARAJD – ACMH (architecte en chef des Monuments historiques).

Un concept global
Le Centre œnologique s’inscrit dans un concept culturel, social et touristique global conçu par le groupe immobilier SERCIB, lequel a acquis en octobre 2002 le Château-Abbaye de Cassan pour y établir un centre de recherche et de prévention dédié au bien-être et à la santé au travail, et à la remise en forme des cadres dirigeants, baptisé Corporate Wellness Center (CWC).

Cette démarche innovante, considérée comme pilote à l’échelle européenne, se double d’un projet d’œno-tourisme véritable trait d’union entre les trois volets de l’opération : restauration avec extension du Château-Abbaye de Cassan pour abriter le CWC, construction d’un hôtel **** (120 chambres) en vis-à-vis pour l’hébergement des participants au CWC, enfin le centre œnologique, objet du concours d’architecture.
Le centre œnologique de Rudy Ricciotti, dans l’environnement d’un monument historique du 18e siècle, sur un site viticole et touristique majeur du sud de la France.

Crédits images © Agence Ricciotti

Espace de production et de vinification

« C’est en superficie que l’attirance existe. C’est dans les entrailles que se fait la révélation ».
Pour Rudy Ricciotti un chai est avant tout un outil de production viticole, et la science œnologique, comme l’architecture, fait appel à des notions savantes et sensibles. Cette approche a guidé la conception du chai, enterré dans une cave en béton brut aux voûtes majestueuses pensées comme un écrin pour le mystère de la vinification. Par cet effacement volontaire, l’architecture participe à la requalification territoriale et urbanistique du site.

Pour l’architecte, l’enfouissement du chai répond autant à une intention de nature presque spirituelle qu’aux conditions climatiques de la région où la variable hydrométrique peut être significative. La cave est toujours une énigme en ceci qu’elle est une invitation au voyage mental avant d’être parcourue. Dans le chai, le processus de vinification sera mis en scène pour susciter l’émerveillement du visiteur le temps d’une découverte qui devra aussi être didactique.

Vue en coupe du projet

Tandis que cave, chai et boutique sont entièrement souterrains, l’hôtel dont les façades seront végétales, se tient à distance et fait écho au château dont il reprend les rythmes en façades. Le projet global qui se réfère au modèle classique par sa composition avec jardins et bassins, inscrit l’hôtel dans un monolithe imposant mais à la juste échelle du territoire. A ses pieds, sera aménagée une « esplanade piédestal plantée » où l’eau guidera le visiteur vers une « folie » – appellation des pavillons de plaisance dans la région montpelliéraine au XVIIIe siècle – abritant le restaurant ouvert en belvédère sur le paysage.

Le restaurant s’y installe sous un toit de béton hautement performant soutenu par de légers portiques en T, bordé d’une terrasse au sud et d’un bassin au nord.

L’accueil et la logistique se glissent dans une strate intermédiaire reliée à l’extérieur, par une salle des pas perdus qui distribue les flux. Les façades de la strate publique ouvertes sur l’extérieur sont modelées d’arcades de pierre en pleins cintres, autre emprunt à l’architecture classique.

L’eau, la lumière, le végétal façonnent le projet qui révèle des horizons différents sur le paysage et le Château-Abbaye de Cassan distant de 1200 m, depuis les différents espaces : le jardin et le bassin, le belvédère du restaurant, la terrasse couverte de l’hôtel. La dalle jardin est perforée de canons lumineux, catalyseurs d’atmosphère dans la cave enterrée.

Le projet lauréat, discret, énigmatique, attractif dans son effacement même concilie l’intégration dans le site, le respect de sa mémoire et l’efficacité fonctionnelle.

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