Le nouveau Ministre de la ville, François Lamy, a présenté en début de semaine le projet d’éco quartier à Palaiseau, commune dont il fut maire de 2001 à juin 2012.
Cette opération baptisée Camille Claudel est située aux portes du Grand Paris et regroupe environ 2000 logements.
La présentation du projet s’est déroulée dans les locaux de l’agence de François Leclercq, architecte-coordonnateur de l’opération, en présence de Claire Robillard, nouveau maire de Palaiseau et de David Bodet, successeur de François Lamy à la tête de la communauté d’agglomération du Plateau de Saclay.
Un éco-quartier aux portes du Grand Paris
S’étendant sur 22 ha, aux portes du Grand Paris, entre les quartiers existants et les futurs projets du plateau de Saclay, ce nouveau morceau de ville regroupera 2 000 logements (147 000 m² SHON), répartis selon la règle des trois-tiers (un tiers de locatif social, un tiers de locatif libre et un tiers d’accession à la propriété), accompagnés de 4 000 m² de commerces et équipements publics.
L’aménageur, la SEM Scientipôle Aménagement, maîtrise 80% des terrains qui appartenaient essentiellement à l’Etat avec lequel des échanges fonciers ont eu lieu. Pour le ministre, cette opération illustre la politique que le gouvernement veut mener en matière de mobilisation du foncier public. « Il s’agit de terrains vierges, a-t-il ajouté. Il est donc plus facile d’y fabriquer de la mixité sociale que dans les quartiers en difficulté. Dans le cadre du projet de loi sur le logement et la politique de la ville qui sera déposé début 2013, nous réfléchissons à des outils plus structurés pour favoriser cette mixité sociale dans les quartiers difficiles ».
Crédits images : © François Leclercq
Accessibilité
Grâce au passage du site propre pour transports en commun (SPTC), le quartier Camille-Claudel est situé à six minutes de la gare TGV de Massy puis, suite au prolongement du SPTC à partir de 2013, sera relié au Christ de Saclay. Deux lignes Mobicaps mises en service en 2011 traversent déjà le quartier : les lignes 1 (Igny RER-Orsay RER) et 14 (gare de Massy-Palaiseau/quartier ouest de Polytechnique). À terme, le quartier sera desservi par une station du futur moyen de transport léger prévu dans le cadre de l’aménagement du Grand Paris (ligne Orly-Versailles-Nanterre), située à l’ouest de Polytechnique. L’implantation d’un deuxième arrêt sur le plateau palaisien est en cours de discussion avec la Société du Grand Paris.
Une première phase de 1200 logements
Ce nouveau quartier, sur la base du plan masse élaboré par Michel Cantal-Dupart, se caractérise par son rapport d’intimité entre ville et nature. Tous les immeubles bénéficieront de vues sur la forêt toute proche. La rigole domaniale qui traverse le plateau de Saclay alimentait autrefois les jeux d’eau du château de Versailles, elle sera réhabilitée.
La première phase porte sur 1 200 logements, conçus par quatorze architectes qui ont travaillé dans le cadre d’un workshop animé par François Leclercq, désigné en décembre 2011 aux côtés de quatre promoteurs : Bouygues Immobilier, Nexity, Eiffage Immobilier et Kaufman & Broad. Tous les permis de construire auront été déposés d’ici à la fin octobre et les travaux devraient démarrer au printemps 2013.
Circulations intérieures


Un quartier BBC
S’agissant de la performance énergétique des bâtiments construits seront labellisés BBC (bâtiment basse consommation), construits selon les normes de haute qualité environnementale, de manière à optimiser leur isolation. La production de chaleur pour les logements (chauffage et eau sanitaire) et le centre aquatique est assurée par une chaufferie à bois. Un réseau de canalisations (dit réseau de chaleur) véhiculera l’eau chauffée jusque dans les radiateurs des logements. L’approvisionnement en bois se fera à moins de trente kilomètres du quartier.
La moitié des besoins en eau chaude du centre aquatique sera par ailleurs assurée par des panneaux solaires.
Une charte d’engagement en vue d’un aménagement éco-responsable a été rédigée. L’optimisation de la gestion des eaux, les économies d’énergie ou le soutien à l’économie locale y sont inscrits. La constitution de couloirs verts et la remise en eau de la rigole domaniale des Granges – créée comme les autres rigoles du plateau au 18ème siècle pour alimenter les fontaines du château de Versailles – ont été les idées qui ont construit ce projet.
Les eaux pluviales provenant des voiries, chargées d’éléments polluants, seront collectées et traitées grâce à des noues filtrantes (bras de terre grasse et marécageuse), afin d’être réinsérées dans les sols. Des plantes rustiques, résistantes aux variations d’humidité, y seront plantées, découpant le quartier en petits îlots. Les eaux provenant des toitures, moins polluées que les eaux de ruissellement, seront collectées dans des cuves et canalisations, puis utilisées pour l’arrosage des espaces verts ou envoyées vers des noues de stockage.
Les excédents en eaux pluviales alimenteront la rigole des Granges réhabilitée. Ces systèmes de récupération permettront de limiter leur ruissellement vers la vallée.
Quatorze architectes pour concevoir l’écoquartier Camille Claudel
François Leclercq a animé un workshop auquel ont participé treize autres architectes : l’atelier Castro-Denissof et associés, Carré d’Arch, atelier du Pont, Ateliers 115, Fayolle Pilon architectes, agence Mathieu Gelin & David Lafon, Fresh Architectures, SOA Architectes, agence SML , studio Authier et associés, Alcyone architecture, Jean-Christophe Quinton, Eric Lapierre Expérience.




