Le projet de création du Parc National des Calanques avance à grand pas. Ce matin a eu lieu le conseil d’administration du GIP qui a adopté la version 4 de la charte du futur avec 91,5 % des suffrages. Cette ultime version de la charte apporte quelques modifications attendues sur le projet.
Le Conseil d’Etat devrait quant à lui être saisi sur le projet fin février-mars 2012. La signature du décret de création du parc national des Calanques par le Premier ministre, prévue fin 2011, devrait intervenir mi-avril 2012, table le président du GIP.
La version 4 de la charte reprend le projet initial avec la réintégration en cœur terrestre des espaces naturels de l’archipel du Frioul, et le pourtour marin qui restera en aire maritime adjacente. D’autre part, la chasse bénéficiera d’un nouveau cadre réglementaire qui devrait permettre d’évoluer vers une pratique plus respectueuse de la faune. La calanque de Port-Miou et la campagne Pastré restent quand à elle en dehors du périmètre de cœur de parc comme le souhaitait les élus locaux.
Les ultimes modifications : la charte version 4
Le député UMP Guy Teissier, qui préside le GIP de Calanques a proposé la réintégration en cœur du parc (zone soumise à une réglementation plus stricte) des terrains non construits du Frioul. En revanche, le village, le port et le pourtour marin de l’archipel en resteront exclus.
Autre modification apportée au projet: l’ajout dans l’aire optimale d’adhésion du lycée paysager et d’aménagement des Calanques, la partie de la copropriété du Roy d’Espagne non déjà incluse, la Cayolle (au sud de l’avenue Colgate), ainsi que plusieurs parcelles du 11e arrondissement.
Les zones de non pêche, qui s’étendaient dans la version 3 du projet sur 10% du cœur marin, ne seront pas modifiées, afin de ne pas fragiliser les compromis actés à ce stade. Même statu quo pour la chasse qui n’est pas interdite.
Enfin, un siège sera accordé au sein du conseil d’administration pour la représentation des pêcheurs professionnels.
L’enquête publique, qui s’est tenue du 17 octobre au 17 novembre, a donné lieu à un avis favorable de la commission d’enquête publique, toutefois assorti de quatre réserves, portant notamment sur l’archipel du Frioul.
Le parc des Calanques – le premier créé en France métropolitaine depuis 1979 et le troisième parc périurbain au monde après Le Cap et Sidney – a pour objectif la préservation de la biodiversité, de la quiétude des lieux et du patrimoine culturel.
Les propositions de modifications de la charte adoptées à l’issue de l’assemblée générale du 20 janvier 2012
Extrait des propositions formulées par le GIP le 5 janvier dernier : ici
• Réintégration en cœur terrestre des espaces naturels de l’archipel du Frioul (hors village, port et plan d’eau portuaire qui resteront en aire optimale d’adhésion et aire maritime adjacente). Ce retour au projet initial se justifie pleinement du fait de la valeur écologique de l’archipel et de ses statuts de protection actuel (Natura 2000, plan de gestion de la ville de Marseille) et à venir (cession des espaces naturels au Conservatoire du Littoral actée par la ville de Marseille). Le pourtour marin de l’archipel restera en aire maritime adjacente.
• Ajout en Aire Optimale d’Adhésion : du « Lycée des Calanques » (lycée paysager et d’aménagent) dans le 8e arrondissement, ainsi que de la partie de la copropriété du Roy d’Espagne non déjà incluse.
• Dans le 9ème arrondissement, La Cayolle, au sud de l’avenue Colgate, ainsi que plusieurs parcelles du 11e arrondissement (La Barrasse, Saint Marcel) seraient également intégrées en Aire Optimale d’Adhésion, suite à l’accord du maire de secteur et des CIQ.
• Concernant les Zones de Non Prélèvement (ZNP) en mer, les zonages validés dans la version 3.1 ne seront pas modifiés, afin de ne pas fragiliser les compromis actés à ce stade par l’ajout de nouvelles zones ou la modification des existantes. Par contre, il est proposé que le futur Conseil d’administration du Parc devra, dès la première année suivant sa mise en place, se prononcer sur l’opportunité de classer en « zone de protection renforcée » (nb : interdiction de pêche non pas permanente mais périodique ou par type d’engin de pêche) les 3 sites relevés par la commission d’enquête publique dans ses réserves : Plateau des Chèvres, En- Vau et Port-Pin.
• Par ailleurs, confirmation de l’interdiction de chalutage en cœur en deçà de l’isobathe 100. Le régime de la version 3.1 d’autorisations dérogatoires dites « décadentes » pour les 8 chalutiers concernés, rattachés aux Prud’homies de Marseille et La Ciotat, serait assorti d’un non renouvellement de l’autorisation de la pratique à l’issue de la durée de vie maximale de la charte, soit 15 ans.
• Chasse : il est proposé de rester sur les mesures prévues dans la version 3.1. Si cette dernière n’interdit pas par principe la chasse en cœur du futur Parc – exception qu’on trouve déjà dans le parc national des Cévennes – elle définit un nouveau cadre réglementaire qui permettra d’évoluer progressivement vers une pratique plus respectueuse de la faune et des milieux, avec notamment un arrêt progressif, en 6 ans au plus, des lâchers de tir, un mode de chasse jugé trop artificiel par beaucoup de chasseurs eux-mêmes. L’interdiction existant sur la commune de Marseille (arrêté municipal de 2010) de tir à moins de 200 m des habitations sera par ailleurs confirmée.
• Qualité des eaux : modification de la charte, pour afficher encore davantage la collaboration que le parc engagera avec les partenaires concernés (Etat, Agence de l’Eau, Marseille Provence Métropole…) pour améliorer la qualité des eaux et la lutte contre les pollutions marines.
• Ajout d’un siège au Conseil d’administration pour la représentation des pêcheurs professionnels, faisant passer l’effectif total de 48 à 49 sièges, afin de tenir compte de l’importance de l’enjeu marin du futur Parc national et d’améliorer leur représentativité dans les prises de décision du CA.



