La Sagrada Familia, l’œuvre d’Antonio Gaudi est consacrée pour la première fois le pape benoit XVI lors d’une cérémonie le dimanche 7 Novembre 2010. L’œuvre tant visitée à Barcelone et non finie a vu son chantier débuter lorsque Gaudi n’a que 31 ans et peu de constructions à son actif. La basilique que Benoît XVI a consacré dimanche est encore en chantier. Mais pour la première fois, les constructeurs envisagent la fin des travaux pour 2026, cent ans après la mort de l’architecte catalan. Le monument est visible dans le paysage urbain de Barcelone de par sa grandeur et son architecture surprenante.
Depuis 2002, les visiteurs versent chaque année entre 13 et 20 millions d’euros en acquittant un droit d’entrée de 12 euros par personne. «Il s’agit d’une aide indispensable, explique José Maria Marti Bonet, délégué de l’archevêché au patrimoine culturel, parce que nous ne recevons aucune aide publique.» «La construction a toujours été financée par les donations. Mais aujourd’hui, ces aides ne proviennent plus seulement des Catalans, mais du monde entier», renchérit Jordi Bonet. La construction du monument symbolise un mouvement catholique traditionaliste ayant pour ambition la restauration des valeurs de la famille dans une ville qui s’industrialise. En pleine mutation, Barcelone voit alors émerger une classe ouvrière dont les prières s’adressent davantage aux leaders syndicalistes qu’aux images pieuses. Autour de l’édifice dédié à la Sainte Famille, tout un ensemble d’ateliers et d’échoppes viendront remplacer les logements insalubres du quartier populaire au sud de la ville.
Les Josephins suivent les conseils d’Eusébio Güell, un riche mécène qui a déjà fait travailler Gaudi. Cet industriel réussit à représenter la bonne société barcelonaise aux yeux de l’Eglise, tout en soutenant les idées avant-gardistes du jeune architecte. L’ordre religieux n’a de toute manière pas les moyens de rémunérer un architecte de renom.
Le site officiel de la Sagrada Familia ici (source des photographies ci-dessus)
La plan de la basilique suit la croix latine formée d’une longue nef et de deux bras plus courts. Au centre, deux autres clochers auraient dû s’élancer, dédiés au Christ et à la Vierge, le plus élevé culminant à 170 mètres de hauteur.Trois immenses façades sont prévues, illustrant la Nativité, la Passion et la Résurrection. chacune est surmontée de quatre tours figurant les douze apôtres.
Gaudi s’invente des techniques et refuse les matériaux modernes comme le béton et le fer. Les arcs en brique creuse qui rejoignent toutes les tours constituent la structure de la voûte. Dessinés en « selle de cheval », ils présentent des montants obliques qui s’appuient au sommet et évitent les arcs-boutants gothiques. Construite en pierre, la Sagrada Familia est rehaussée des taches de couleurs des céramiques qui en habillent les murs, tels des vitraux opaques disposés un peu partout.
Gaudi y vit lors du chantier, tel un ermite, errant les plans à la main, contredisant ses propres ordres. Lorsqu’il quitte les lieux, ce n’est que pour tenter de récolter de nouveaux subsides. Usé, fatigué, il est renversé par un tramway en 1926. Malgré la solitude de ses dernières années, un cortège de 10.000 personnes suit sa dépouille jusqu’à la crypte de sa cathédrale où il repose. Seule la façade de la Nativité est alors construite. Source : Le Moniteur
Le chantier a repris en 1954, financé par des Japonais, grands admirateurs de cet architecte, et continu d’avancer aujourd’hui. La basilique, dont la nef est désormais achevée, a été consacrée le 7 novembre 2010 par le pape Benoît XVI.


