Joan Busquets été désigné par la communauté urbaine Toulouse Métropole pour redessiner le quartier de la gare Matabiau qui verra débarquer le TGV en 2020.
Déjà choisi en 2010 avec le paysagiste Michel Desvigne, le bureau d’études Egis et le designer Marc Aurel pour repenser l’organisation des espaces publics dans le centre-ville de Toulouse, l’urbaniste catalan Joan Busquets s’est vu confier une nouvelle mission avec le réaménagement du quartier de la gare Matabiau.
Joan Busquets pilotera une équipe pluridisciplinaire composée d’Arep, Egis, Transitec pour le volet déplacement et Euro Immostar, bureau d’études de la société nationale des chemins de fers belge pour le volet mutation ferroviaire.
La mission de conception et de mise en œuvre du projet, baptisée Toulouse Euro Sud-ouest, est d’une durée de 4 ans reconductible.
Elle consiste en la réalisation d’un plan guide qui servira de base de travail, à l’image d’un plan de masse du quartier concerné, sur lequel devront se baser les futurs maitres d’œuvre des projets de construction ou de réhabilitation, ainsi que de requalification des espaces publics.
L’équipe (Busquets-Duthilleul-Egis) devra donc faire une proposition d’aménagement, en phase avec le schéma directeur déjà arrêté par Europolia, la société publique locale d’aménagement de Toulouse Métropole.
Développé sur 400 hectares, l’opération comporte :
- la réalisation d’un pôle d’échanges multimodal,
- la transformation de la gare Matabiau en un lieu d’échanges et de vie dans le prolongement du centre-ville,
- la création d’un quartier mixte
En parallèle, Réseau ferré de France (RFF) a commencé cette semaine les travaux de démolition de l’ancien tri postal à proximité de la gare. Ils marquent le début du chantier de sa réorganisation dans l’optique de l’arrivée de la LGV.
Plan du secteur de la gare (Crédits image Bing Maps)
Un nouveau pôle d’échanges multimodal ultraperformant
Si la gare Toulouse-Matabiau doit évoluer pour accueillir la LGV qui permettra de rejoindre Paris en trois heures, elle devra également faire face à une croissance attendue du trafic régional et local (TER). Lequel devrait, à l’instar du flux de voyageurs, être multiplié par deux à l’horizon 2020, et être utilisé par 20 millions de personnes par an, contre 9 millions aujourd’hui.
L’ambition du projet consiste donc à transformer la gare actuelle en un véritable Pôle d’Échange Multimodal en rationalisant toutes les fonctions ferroviaires, en facilitant les échanges entre les différents modes de transport et en améliorant leur confort d’utilisation. Les échanges s’articuleront ainsi autour d’un nouveau bâtiment voyageurs, construit à proximité de Marengo.
Le site sera également doté de nouveaux équipements et entrées afin d’optimiser son accès, que ce soit à pied (construction de passerelles engazonnées en direction de Raynal et Jean-Jaurès), en vélo (réalisation de parkings dédiés), en voiture (amélioration des accès routiers, déplacement du parking actuel côté Périole avec la création de 450 places réparties sur quatre niveaux), en taxi (réalisation d’une station sur ce même côté), et bien sûr, en transports en commun. L’aménagement d’une nouvelle ligne de tramway, mais aussi d’une ligne de Bus à Haut Niveau de Service (BHNS), font partie des orientations du schéma directeur, qui ne se limite pas à la gare seule.
Prémisses d’un nouveau quartier dynamique et attractif
Périole, Marengo, Jean-Jaurès, Bayard… Autant de quartiers limitrophes qui vont bénéficier eux aussi de l’évolution de Matabiau.
L’émergence d’un véritable quartier d’affaires, longtemps associé au projet de gare LGV, est toujours d’actualité. Mais c’est bien une mixité d’activités qui a été validée par les partenaires. 5 000 à 10 000 logements pourraient ainsi émerger aux abords du site, notamment à la place des ateliers du Raisin, situés sur des terrains appartenant à la municipalité et la SNCF. Des constructions qui ne manqueront pas d’impulser également une dynamique de requalification, voire de densification de certains logements des quartiers Bayard ou Belfort.
Deux à quatre hectares pourraient être dévolus à la création de nouveaux commerces, aux abords comme à l’intérieur même de la future gare. De quoi répondre aux attentes des usagers de la gare donc, mais aussi plus largement des Toulousains qui verront leur centre-ville prendre une nouvelle dimension : celle d’une véritable métropole européenne.
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