Au printemps 2014, le pont Schuman, 14e pont lyonnais sur la Saône, reliera le quai Gillet, dans le 4e arrondissement de Lyon, au quai de la Gare d’eau, dans le 9ème. Un véritable trait d’union entre les quartiers de la Croix-Rousse et de Vaise.
Crédits images © Explorations Architecture
Ce pont est l’un des projets fondateurs du renouvellement urbain de Vaise et de Serin. Il renforcera la mobilité dans ces quartiers largement fréquentés par les riverains et les « Grands Lyonnais » venus de l’ouest.
Le pont Schuman, de type « bow-string », se situe dans la famille des ponts en arc. C’est plus précisément un pont en arc à tablier inférieur. Il possède deux grandes originalités : d’une part sa longueur totale de 180 mètres, rare pour un pont de milieu urbain ; d’autre part sa forme élancée, composée d’une double arche.
Doté d’une architecture légère et élancée, le pont Schuman s’intègre subtilement dans son environnement et semble naturellement relié aux quais. Son élégance très contemporaine en fait une œuvre d’art sur la Saône, qui marquera l’entrée nord-ouest de Lyon et valorisera le riche patrimoine naturel et architectural qui l’entoure : des Monts d’Or aux balmes de la Croix-Rousse, en passant par la colline de Fourvière.
Le revêtement du pont sera constitué d’un étonnant mélange d’asphalte, de billes de verre et de quartz. Une fois la nuit tombée, il permettra à l’éclairage de créer des jeux de lumière sur les trottoirs et la route. Les garde-corps disposés tout au long de la traversée seront réalisés en inox. Une couche en zinc antirouille protégera l’ensemble de l’ouvrage.

Accessibilité et transports
Le pont sera composé de 4 voies de circulation (2 dans chaque sens) et de larges trottoirs (2,50 mètres), situés de part et d’autre de la chaussée. Il comprendra également des pistes cyclables dans les deux sens de circulation, confortables et clairement séparées. Ainsi, l’ouvrage favorisera la coexistence harmonieuse de tous les usagers.
Outre sa fonction de franchissement, le pont Schuman est aussi pensé comme un véritable espace public, un prolongement de la rue. Son profil plat est une caractéristique originale, qui mettra tous les usagers au même niveau et leur permettra de profiter d’une vue dégagée pendant toute la traversée.
Le confort des trottoirs permettra aux piétons et cyclistes de s’arrêter pour contempler le paysage en toute sérénité. Au centre du pont, l’espace s’élargira pour former un belvédère agrémenté de bancs. De là, les usagers bénéficieront d’un point de vue inédit sur le patrimoine naturel et architectural du Val de Saône.

Planning
Eté 2009 – été 2010 : concours de maîtrise d’œuvre
Automne 2010 – hiver 2011 : études préliminaires, avant-projet et projet
Eté 2011 : enquête publique
Printemps – été 2012 : travaux préparatoires
Automne 2012 – printemps 2014 : travaux et réalisation du pont
Avril 2014 : mise en service de l’ouvrage
La réalisation en 5 grandes étapes
Etape 1 : travaux préalables
Ils consistent à préparer le terrain avant le début des premiers travaux. Au programme : aménagement d’une zone d’accueil pour les péniches d’habitation, déplacement des pieux d’amarrage des bateaux (actuellement situés à l’emplacement même du futur pont) et élargissement de la Saône par des travaux de reprofilage du mur perré en rive droite. Grâce à cette dernière intervention, le niveau de l’eau n’augmentera pas lorsque la pile centrale du pont sera construite.
Etape 2 : réalisation des appuis
La principale difficulté concerne la réalisation de la pile centrale, qui devra se faire directement dans l’eau à l’aide d’un batardeau. Ce terme désigne un système de palplanches, imbriqué sur lui-même puis enfoncé à 15 mètres dans le sol au milieu de la rivière, afin de constituer un cloisonnement permettant de travailler au sec. Une fois le batardeau dressé, l’eau pourra être pompée, un matelas de gravier drainant disposé, puis une chape de béton coulée afin de former la pile.
Etape 3 : réalisation du tablier et des arches
Elle s’effectuera en partie en usine, pour les plus petites pièces, puis dans une zone de pré-assemblage, sur le port Edouard Herriot. Les éléments seront ensuite acheminés par navigation jusqu’à une plateforme d’assemblage final, aménagée sur des barges, en amont de la zone d’implantation du pont.
Etape 4 : pose de la structure sur les appuis
C’est sans doute l’étape la plus spectaculaire du chantier. Une fois assemblées, les travées du pont seront acheminées au milieu de la rivière par des bateaux équipés de vérins, qui permettront de soulever la structure et de poser celle-ci sur les piles. L’intervention aura lieu de nuit et dans un temps limité, afin de ne pas gêner la navigation fluviale.
Etape 5 : coulage de la dalle et pose des revêtements
Les dernières interventions consisteront à couler la dalle sur la charpente, poser le bitume et les revêtements de trottoir, mettre en place l’éclairage public et le mobilier urbain. Le pont aura alors son aspect définitif, et pourra faire l’objet de tests de transport avant ouverture à la circulation.
Maitrise d’œuvre
Bureau d’études Flint & Neill Limited
Cabinet Explorations architecture
Éclairagistes Associés (LEA)
Bureau d’études Agibat
La vidéo du projet





