Le pont Raymond Barre est l’une des opérations emblématiques de l’agglomération lyonnaise. C’est le premier ouvrage entièrement dédié au tramway et aux modes doux, réalisé dans le cadre du prolongement de la ligne 1 du tramway. Il se situe juste au Sud du pont Pasteur et relie le Musée des Confluences sur la Presqu’ile à la Halle Tony Garnier.
Exclu : La vidéo de présentation des techniques de construction du pont réalisée par l’agence Pixxim ici
Le chantier, débuté le 24 novembre 2011, est quasiment terminé. L’ouvrage sera livré en décembre 2013, lorsque les aménagements du tramway seront terminés.
Projet emblématique d’une vision urbaine qui réintègre l’échelle humaine dans le cadre de vie, le futur pont témoigne d’une conception aussi discrète qu’élégante : «Nous avons souhaité que l’ouvrage s’efface et apparaisse dans toute sa simplicité. Ses proportions ont ainsi été étudiées avec beaucoup de finesse en harmonie avec le bâti alentour afin de nous insérer le mieux possible dans le paysage», souligne l’architecte Alain Spielmann.
Le pont Raymond Barre est le nouveau signal d’entrée au sud de la ville, qu’il marque par sa légèreté et son élégance. (Crédits photo : Nicolas Robin)
Détails d’architecture
L’option qu’a retenue le jury est celle d’un pont en arc (bow string) soutenant par le dessus un tablier très fin. Les deux arcs, au dessin très allongé, sont inclinés chacun à 10° par rapport à la verticale avec une ouverture vers le ciel. La hauteur a été calculée pour être inférieure à celle du musée des Confluences, afin d’offrir un accompagnement en contrepoint à celui-ci.
Coupe du pont / détails de structure (Crédits photo : SETEC A. Spielmann)
Avec une travée centrale de 150 m, la plus grande de Lyon, il dessine un mouvement de biais afin d’offrir une vue sur la Confluence, comme un balcon sur le Rhône. Deux raccordements courbes viennent s’ancrer aux stations du tramway de part et d’autre. Dissymétrique, il propose les circulations douces côté aval, avec un belvédère réalisé en bois pour apporter une note chaleureuse à la structure de béton et d’acier. Grâce au mobilier qui sera installé à cet endroit, piétons et cyclistes pourront s’accorder une pause pour profiter du lieu et contempler le fleuve et ses abords.
Le nom qui a été choisi pour baptiser ce pont perpétue le souvenir d’un grand homme d’État, qui a imprimé à Lyon sa marque de Maire visionnaire, imaginant deux axes fondamentaux pour l’avenir de l’agglomération : le Plan des Déplacements Urbains, dont Lyon fut la première grande ville de France à se doter ; le quartier de la Confluence, projet qui a pris corps sous le double signe de l’aménagement urbain durable et de la créativité architecturale.
Déplacement du tronçon du pont sur les kamags (Crédits photos : Nicolas Robin)
Le tablier du pont est posé sur la barge amarrée sur le port Édouard Herriot (Crédits photo : Nicolas Robin)
Le 2 septembre 2013 : le pont arrive sur le site où il sera installé définitivement, devant le Musée des Confluences (Crédits photos : Nicolas Robin)
Le tracé de la ligne 1 du tramway
L’opération de prolongement consiste en la réalisation d’une infrastructure entre Hôtel de Région – Montrochet et Debourg.
Le long de ces 2,3 km de ligne nouvelle (2,2km de ligne commerciale et 100 mètres en arrière-gare de la station terminus), quatre nouvelles stations seront créées : Musée des Confluences, Halle Tony Garnier, ENS Lyon et Debourg, offrant une connexion directe avec la ligne B du métro. Une cinquième station, le Champ, est prédisposée et pourra être aménagée à l’horizon 2020-2025 lorsque le développement ultérieur du sud de la Confluence le nécessitera.
Le temps de parcours entre Hôtel de Région – Montrochet et Debourg est estimé à environ 7 minutes, soit une vitesse commerciale de plus de 18 km/h. Environ 5 000 voyages quotidiens seront générés par le prolongement.
Plan du secteur transformé par le tramway et le nouveau pont (Crédits photo : SYTRAL)
Les 4 nouvelles stations :
- Musée des Confluence : Le musée ne sera accessible qu’en transports en commun et n’offrira de stationnement qu’aux cars scolaires. La collaboration avec le Département du Rhône, maître d’ouvrage du Musée, a permis de penser la station en harmonie avec le parvis du Musée, dans son prolongement direct, créant ainsi une circulation fluide et simple entre le tramway et le bâtiment.
- Halle Tony Garnier : La station sera située une centaine de mètres en amont du parvis de la Halle Tony Garnier. Elle desservira un quartier en plein essor, dont la mixité d’usage englobe lieux d’habitation, entreprises et établissements scolaires, sans oublier la Halle elle-même, rendez-vous privilégié des grands concerts et autres spectacles. Les lignes aériennes de contact (LAC) nécessaires au fonctionnement du tramway, sont installées sur le parvis du site, directement sur les mâts existants, évitant ainsi l’impact visuel de nouveaux poteaux. La plateforme adoptera le même revêtement de sol que celui du parvis existant.
- ENS Lyon : Ajoutée au projet initial à l’issue de la concertation publique, cette station a pour objectif d’améliorer l’accès du quartier et notamment de desservir la place des Pavillons. Elle offrira un quai central afin de laisser libre l’accès à la caserne des pompiers située à proximité. Sa conception permet de conserver les alignements d’arbres sur l’avenue Debourg.
- Debourg : La station terminus offrira une interconnexion tram/métro/bus qui permettra d’accroître la multimodalité. Une vaste place publique intégrant la station et le quai bus, aménagée et végétalisée dans un esprit de square piétonnier apportera une véritable dimension d’embellissement urbain. L’espace sera constitué de «petits salons urbains» proposant aux usagers des espaces d’échanges et de rencontres, avec des bancs groupés à proximité des arbres. Contrairement au mobilier des autres stations qui décline les codes existants, celui-ci répondra aux enjeux spécifiques de la place : murets et plots de béton coulés avec assise bois et colonnes d’éclairage. L’emplacement de l’arrière-gare du terminus a été pensé de manière à préserver une grande largeur pour les piétons sur le trottoir nord de la rue Fryd. La dernière station du prolongement est emblématique de la démarche du SYTRAL d’aménager «de façade à façade» : une approche qualitative globale qui consiste à repenser intégralement l’espace public de part et d’autre de l’emprise des rails pour améliorer le cadre de vie, renforcer les modes doux et respecter les normes d’accessibilité : contrastes visuels pour la traversée des chaussées, dalles podotactiles pour prévenir les risques de chutes, élargissement des refuges piétons, etc.
Image de synthèse du pont et du tram T1 (Crédits photo : SETEC A. Spielmann)
La construction de la plateforme du tram T1 depuis la rive gauche du Rhône (Crédits photos : Balloide)
Phasage de la construction du pont
- Assemblé sur le quai du port Édouard Herriot, le tronçon central de 2500 tonnes a été soulevé par des vérins puis amené jusqu’au bord de l’eau
- Pour le charger sur la barge, il fallait compenser son poids au fur et à mesure à l’aide de techniques de ballastage ; cette phase a duré 5 à 6 heures
- Les remorqueurs sont venus chercher la barge pour la positionner sur le site d’installation
- La barge a été attachée aux points d’ancrage, au droit de l’ouvrage. Le tronçon est descendu à l’aide des systèmes de vérinage, jusqu’à être posé sur ses deux piles
- Le second tronçon de 600 tonnes devrait bientôt suivre
Axel Sabouret, Chef de projet chez Systral : » Le projet du pont Raymond Barre représente une somme de défis : des défis techniques forts, avec une intégration tenant compte de la proximité de bâtiments à haute valeur architecturale, du parc des Berges et du pont Pasteur ; avec aussi une emprise au sol limitée pour la mise en œuvre, d’où une organisation particulière comprenant notamment l’implantation de l’aire de montage du tablier sur le port Edouard Herriot, et de nombreuses interventions fluviales réalisées à partir de barges et de pontons. »
Alain Spielmann, Architecte de l’opération : » Le pont Raymond Barre est un ouvrage fonctionnel qui accueille aussi des circulations douces et un bel espace de pause et d’observation, le belvédère, équipé de bancs et de transats : ce sera à la fois un nouveau point de vue sur la ville, ludique, spectaculaire et un lieu en relation avec le musée des Confluences, la halle Tony Garnier, le parc des Berges… Son esthétique en fait un ouvrage d’art raffiné, qui met en jeu beaucoup d’intelligence et d’élégance dans le dessin même de ses proportions, avec ses arcs de dimensions variables, ses câbles rayonnants, son organisation dissymétrique. »
La vidéo de la pose du tablier du pont sur la barge qui le transportera sur le Rhône vers sont emplacement final. Une étape délicate d’une durée approximative de 5 heures pour assurer la stabilité des 2500 tonnes de l’ouvrage.
Calendrier
- Lancement de l’opération : 15 octobre 2009
- Concertation publique : mars-mai 2010
- Enquête publique : 2 mai – 3 juin 2011
- Déclaration d’utilité publique : novembre 2011
- Travaux de déviations de réseaux : automne 2011 – juillet 2012
- Début des travaux : mars 2012
- Premiers essais : fin 2013
- Mise en service : février 2014
Calendrier de réalisation du pont Raymond Barre
- Pose de la première pierre : novembre 2011
- Pose de la travée centrale : 2 et 3 septembre 2013
- Livraison : décembre 2013
Chiffres clés
- 64 millions d’euros de budget, dont 19 millions d’euros pour le pont Raymond Barre
- 2 ans de travaux
- 2.3 km de ligne nouvelle
- 4 nouvelles stations
- 4 900 voyageurs supplémentaires par jour
- 7 minutes de temps de parcours jusqu’à Debourg
- 1 pont de 260 m de long
- 18km/h de vitesse commerciale
Les acteurs de l’opération
C’est la société Egis Rail qui a en charge la maîtrise d’œuvre technique de l’opération, comprenant les travaux d’infrastructures de transport, les aménagements urbains et les travaux de voirie associés. Elle assure également la maîtrise d’œuvre générale, à savoir la coordination de l’ensemble des études et travaux, la maîtrise des interfaces techniques et temporelles entre le chantier du tramway et celui du pont Raymond Barre, le pilotage du planning général.
Elle est aussi garante de la compatibilité technique du projet avec les partenaires :
- la Ville de Lyon, le Grand Lyon, le Département du Rhône,
- les intervenants d’autres grands projets connectés au tramway : CoopHimmelb et Villes et paysages pour le musée des Confluences, Herzog et De Meuron et Michel Desvigne pour la Confluence, l’Atelier de la Gère pour Gerland,
- les différents opérateurs concernés par le prolongement comme la Halle Tony Garnier, pour veiller à la continuité d’exploitation du lieu durant les travaux.
















