Depuis le 17 juin 2013, la Métropole Nice Côte d’Azur, la ville de Nice, la SEMIACS et Cisco expérimentent pendant un an et à l’échelle d’un quartier – le long du boulevard Victor Hugo – l’Internet des objets appliqué à la gestion urbaine.
L’expérimentation est basée sur un réseau de 200 capteurs qui permettent de mesurer des caractéristiques de la ville et une plateforme de communication mutualisée et sécurisée, extensible à tous les systèmes d’informations urbains existants.
L’ambition de cette expérimentation est de redéfinir la ville de demain par la collecte et l’analyse de données. Ces objets connectés, installés tout au long du boulevard Victor-Hugo en centre-ville, permettront à la Ville de Nice d’améliorer la mobilité en ville (stationnement, trafic…), d’optimiser l’éclairage public et la collecte de déchets, mais aussi d’analyser les données environnementales (pollution, bruit, humidité, température…).
Crédits images © CISCO / Ville de Nice
Composantes technologiques
– Capteurs : afin de fournir les données nécessaires aux différents services innovants, plusieurs types de capteurs sont déployés dans la zone :
- Stationnement
- Luminosité
- Trafic
- Qualité de l’air
- Bruit
- Humidité
- Température
- Taux d’occupation en déchets
– Réseau de communication : antennes ZigBee, points d’accès Wifi, routeurs
– Kiosque tactile multimédia et multifonctions (stationnement intelligent)
– Fibre optique de la Ville de Nice
– Caméras de surveillance des zones de livraison et des zones d’encombrants
– Boitiers sur les candélabres et dans les armoires de contrôle de l’éclairage public :
- pour alimenter de façon continue les capteurs fixés sur les candélabres
- pour moduler l’intensité lumineuse délivrée par le candélabre
– Centre informatique dans les locaux de la Métropole Nice Côte d’Azur
– Logiciels d’analyse des données et prédictifs
– Application mobile en production : Nice City Pass (stationnement intelligent)
En plein centre-ville de Nice, 200 capteurs, installés en haut des lampadaires, dans la chaussée, sur des containers, permettent de collecter en temps réel des données sur la circulation, l’éclairage public, la propreté ou encore la qualité environnementale au service des habitants. Les informations sont regroupées sur une plateforme technologique unique et sécurisée, développée par Cisco, qui permet de mutualiser intelligemment les services de la ville.
Basée sur un modèle économiquement pérenne, cette approche technologique permettra à la ville de maîtriser ses données et de les rendre publiques pour favoriser l’innovation, la création de nouvelles entreprises et de nouveaux emplois. Cette expérimentation servira en effet à tester et imaginer en réel de nouveaux services notamment dans les domaines de la circulation, l’éclairage public, la gestion des déchets, l’environnement, le commerce et la vie quotidienne.
Quelques uns des 200 capteurs installés sur le boulevard Victor-Hugo
Qualité environnementale
Les normes en matière de nuisances sonores ou de qualité de l’air se multiplient en France, comme à l’étranger. L’Union Européenne a ainsi récemment approuvé une augmentation de 20% des pénalités en 2020 pour les villes qui exposeraient leur population à la pollution de l’air. Dans ce contexte, il est essentiel pour les municipalités de mesurer la qualité de l’air et la pollution sonore.
Des capteurs environnementaux d’air, de bruit, d’humidité, de température et de luminosité sont déployés sur les candélabres du « boulevard connecté ». Ils permettent de dresser dans un premier temps une cartographie environnementale de la zone d’expérimentation. Les données archivées et traitées serviront au terme de l’expérimentation à définir des règles de gestion urbaine sur la circulation et l’éclairage public et à mettre en place des alertes s’il existe un risque sanitaire pour les usagers.
En cas de pic de pollution, un message pourrait être envoyé sur les écrans de la ville. L’ensemble des informations environnementales pourront être renvoyées sur un portail d’accès aux données publiques et être réutilisées par des tiers au travers de différentes applications.
Le boulevard Victor-Hugo et ses capteurs sur les candélabres
Un nouveau modèle de gestion de l’espace urbain en marche à Nice
Historiquement, les villes européennes se sont construites par sédimentation en confiant une grande partie de leurs services métropolitains à des acteurs privés via des délégations de service (pour les transports publics, la gestion de l’eau, les déchets…). Chaque délégataire disposant de son propre réseau de communication, la gestion de la ville ressemblait à un millefeuille composé de couches indépendantes.
Dans le cadre de l’expérimentation « boulevard connecté », Cisco propose à la Métropole Nice Côte d’Azur de construire une infrastructure de réseau unique, fondation commune pour gérer en temps réel aussi bien les données relatives aux services délégués que ceux opérés en interne et accueillir toute extension possible sur de nouveaux métiers.
Dans l’esprit de collaboration qui a animé ce projet, Cisco s’est associé à plusieurs start-up et entreprises innovantes qui ont apporté les composantes intergicielles (middleware) et logicielles de la solution. L’éco-système Think Global, formé de Citelum (éclairage public), Sude (mobilité) et Urbiotica (capteurs), joue un rôle majeur dans la dimension métier du projet. Siradel (société d’ingénierie et d’analyse de réseaux de communication) fournit la restitution en 3D de la ville pour les services de l’expérimentation.
Ensemble, ces acteurs privés offrent à la ville connectée et durable de demain, l’opportunité de générer des revenus supplémentaires (sur les parkings), de minimiser les coûts (sur la facture énergétique, sur la maintenance des services, sur le nombre de tournées de collecte) de réduire l’empreinte carbone (en maîtrisant le trafic, en anticipant les pics de pollution). Grâce à cette meilleure gestion, les villes pourront retrouver des marges financières, tout en proposant de nouvelles applications mobiles à visées sociales ou environnementales notamment.
Un capteur pour mesurer la pollution automobile
Une plateforme multi-services au service de la ville et de ses habitants
Véritable laboratoire à ciel ouvert de l’Internet des objets appliqué à la gestion urbaine, le boulevard connecté permet à la Métropole de disposer d’une infrastructure technologique unique sur laquelle seront collectées, traitées et redistribuées les données relatives à 4 services publics : mobilité, éclairage public, propreté et environnement.
La valeur de l’approche Cisco réside dans son caractère global : les informations sur la gestion de la ville ne seront pas gérées de manière cloisonnée. Elles seront au contraire mutualisées. Cette infrastructure partagée optimise les coûts.
Nice, ville pionnière en Open Innovation
La ville, en reprenant le contrôle de ses données, s’inscrit dans un processus dit « d’innovation ouverte ». Les différentes données publiques sont archivées dans le centre informatique de la métropole et mises à la disposition des acteurs locaux. Les potentialités offertes sont alors sans limite, car il est possible de greffer sur la plateforme des applications nées de l’impulsion d’acteurs privés (start-up, commerçants, etc.) ou d’acteurs associatifs désireux d’offrir de nouveaux services aux citoyens.
Mobilité et stationnement
Les automobilistes à la recherche de places de stationnement représentent environ 25% de la circulation urbaine. Le temps qu’il leur faut pour trouver une place de parking en centre-ville est situé entre 20 et 30 mn. Cette information permet d’aller encore plus loin dans les solutions de stationnement intelligent développées à Nice et ouvre la voie à plusieurs services pour améliorer la fluidité urbaine :
- Offrir aux conducteurs un accès depuis un smartphone ou une tablette à de l’information relative à la disponibilité des places de stationnement
- Permettre à une personne de payer à distance, depuis son smartphone, une heure de stationnement supplémentaire sans s’inquiéter du risque d’amende
- Permettre d’avoir une vision fine du taux de saturation du stationnement en voirie dans un quartier et d’identifier les places disponibles à proximité. On pourrait ainsi imaginer une application indiquant aux conducteurs des places libres un peu plus éloignées du lieu où ils souhaitaient se garer initialement et les rendre attractives via une promotion tarifaire
- Identifier les voitures ventouses et améliorer le recouvrement du stationnement
- Suivre à l’aide de caméras intelligentes l’occupation des zones de livraison pour en connaître la disponibilité mais surtout, au terme de l’expérimentation, pour déterminer des règles de gestion au cas par cas : en réhabilitant une zone de livraison en place de stationnement à certaines plages horaires pour aider à la décongestion du trafic en ville.
Éclairage public
L’éclairage représente généralement environ un tiers des coûts en électricité d’une ville. Les systèmes d’éclairage extérieur « intelligent » permettent de réaliser des économies importantes – en moyenne 30% de la facture – tout en garantissant la sécurité des passants.
Les capteurs mis en place à Nice permettent de gérer individuellement chaque candélabre. L’ajustement de l’intensité lumineuse peut ainsi être fait de manière extrêmement précise. Par exemple, un lampadaire augmentera automatiquement la quantité de lumière qu’il fournit lorsqu’un mouvement est détecté. A l’inverse, la lumière émise sera plus faible lorsque aucun mouvement ne sera identifié ou si l’intensité des phares des voitures est forte (à la sortie d’un tunnel par exemple). L’objectif à terme de l’expérimentation est d’identifier des règles de graduation de l’éclairage public en fonction de la présence d’usagers, du trafic et de la luminosité environnementale.
Le réseau d’éclairage public assume une deuxième fonction, comme « totem » de la ville, ou encore point d’irrigation numérique et électrique de tout le territoire. Les candélabres sont les points hauts alimentés 24h/24 permettant de supporter des équipements reliés au réseau Internet : routeurs, bornes wifi, capteurs ou encore caméras. Les agents chargés de la maintenance peuvent savoir précisément quels lampadaires sont défectueux et remplacer immédiatement les unités critiques. Les agents peuvent consulter en mobilité toutes les informations techniques (tableau de bord, relevé terrain…) pour préparer, intervenir et faire leur rapport d’intervention de maintenance.
Propreté urbaine
Les instances municipales doivent sans cesse reconsidérer la gestion des déchets pour répondre au mieux aux attentes de leurs administrés et garantir une expérience optimale pour les touristes ou autres visiteurs de passage.
Sur le boulevard connecté à Nice, la collecte des déchets pourra être plus efficace et rentable grâce à des capteurs placés sur les Points d’Apports Volontaires (conteneurs pour les déchets recyclables papier et verre) qui fournissent des informations en temps réel sur les niveaux de remplissage.
Grâce à ces informations, il sera par exemple possible d’optimiser les tournées de collecte, d’apprécier l’utilisation d’un Point d’Apports Volontaires dans une zone précise afin de le relocaliser si nécessaire et, pour les résidents, de repérer le PAV le plus proche.
La vidéo du projet












