La capitale des géants de l’automobile américaine est aujourd’hui une ville dévastée qui voit muter les usages des citoyens. Ceux-ci viennent désormais cultiver les terres laissées en friche afin de satisfaire leurs besoins en denrées alimentaires, voir en faire une source de revenu. L’industrie automobile qui a été le moteur de la croissance urbaine de Detroit est en déclin depuis les 90′s. La crise de 2008 vient marquer la fin d’un système économique. La ville qui a compté 2 millions d’habitants en 1950, en abrite désormais 900.000. Ce mouvement de « ferme urbaine » matérialise l’urgence dans laquelle sont les habitant de Détroit, et se traduit dans le paysage urbain de la ville où des terrain en déshérence sont pris d’assaut par les urban farmer.
Le temps où Detroit était moteur économique du pays n’est plus qu’un souvenir. Les industries sont mortes, la plupart des usines ont fermé. Le chômage et la criminalité sont les plus élevés du pays. Les experts estiment qu’il y a plus de 100 km2 d’édifices abandonnés dans les limites de la ville, soit quasiment la taille de la ville de San Francisco. Près de 33.000 maisons construites sur des parcelles de 400 à 500 m2 sont à l’abandon ou ont été saisies par la ville pour défaut de paiement. Même les produits alimentaires sont devenus plus rares, aucune des grandes chaînes de supermarchés n’est présente sur la ville.
La ville elle-même est dans l’incapacité financière de racheter ces constructions, ou de payer leur destruction. Aussi un revirement spectaculaire est en train de s’opérer. Une aubaine pour les écologistes et les agriculteurs qui regardent ces terres abandonnées comme une chance. De nombreuses initiatives d’agriculture urbaine se sont montées. Plus de 600 projets d’installation de jardins communautaires sont, à ce jour, répertoriés. Essentiellement sur de petites unités de 8 ha correspondant à un pâté de maison. Environ un quart de la ville passerait ainsi de résidentiel à semi-rural. Même tout près du centre ville, des vergers, des plantations, des élevages remplacent progressivement les habitations abandonnées. Les belles demeures bourgeoises en briques sont rasées pour libérer la terre fertile.
Est-ce que l’avenir de nos villes pourrait ressembler à ça :
La Dragon Fly, une ferme verticale imaginée par Vincent Callebaud pour Manhattan












Détroit est une ville fascinante. Le sort de Motor City nous concerne tous… car nous sommes tous des fils et de filles de l’ère post-industrielle. Cet article donne une vue juste de ce qui s’y passe même s’il n’est guère question de ferme verticale par ici, le manque d’espace n’étant pas un problème. Les problématiques autour de l’agriculture urbaine sont assez distinctes d’une ville à l’autre, pas grand chose à voir avec ce qui se passe avec New York par exemple ici à Détroit. Le mouvement agricole urbain à Détroit est de plus en plus fort et divers, même si cela fait des décennie qu’il existe… Depuis le milieu des années 2000, les jardins urbains s’y sont effectivement multipliés. Cela n’a l’air de rien mais planter des tomates et des poivrons dans un quartier abandonné en impliquant les jeunes du quartier, cela change la ville. Bien sûr, ce n’est pas la panacée mais c’est un premier vrai pas. Un webdocumentaire est en cours de tournage sur les transformations que vit Détroit actuellement. Vous pouvez en avoir un mini aperçu sur http://www.detroitjetaime.com ! Détroitement vôtre !